‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 3)Chapitre 72 sur 347 · Supra, t. III, p · texte numérisé non relu

Supra, t. III, p

3. On en trouvera un suffisant détail dans Bianchi, Sloria documentata, t. VII, p. 408 et suiv. La correspondance de Cavour avec Villamarina et Azeglio a été publiée par Daneri, La Spedizione di Sapri, dans le Risorgimento de 1911, p. 162 et suiv.

fut restitué et les prisonniers remis au délégué spécial de la Grande-Bretagne, le futur lord Lyons, en présence du consul de Piémont1. La question semblait enterrée, mais des incidents posthumes se soulevèrent à la joie de Cavour.

Avec la cour de Rome, les rapports étaient sans aménité : de temps à autre quelque diplomate ou quelque monsignor tentait de s'entremettre pour une réconciliation entre le Saint-Père et ses fils turbulents de Turin ; le roi, Cavour protestaient de leurs « révérence et filiale affection2 » envers le Souverain Pontife, mais, juste à ce moment, survenait quelque incident qui rendait impossible toute négociation. L'enlèvement du jeune Mortara, enfant juif, de famille sarde, placé dans un couvent malgré ses parents, avait vivement ému l'opinion publique en Sardaigne, et « la cour de Rome avait elle-même donné des armes », — le mot est du très catholique La Tour d'Auvergne3, — que Cavour ne négligea point; en même temps il insistait sur les réformes, toujours promises, jamais accordées, qu'en Romagne surtout les libéraux réclamaient avec une vigueur chaque année redoublée4.

Avec la Toscane, aucun incident. Le grand-duc, délicieusement à son aise dans le Palais Pilti, ne remarquait point que l'antagonisme croissait dangereusement entre son peuple et son gouvernement5, celui-ci tout autrichien, celui-là féru d'indépendance ; le nonchalant souverain ne percevait pas que l'envoyé sarde, Boncompagni, était devenu bien popu-

Page 1