Cavour à Boncompagni. -19 novembre
2. Cavour à Villamarina, 13 avril 1858, dépêche remise à Walewski.
3. Cavour à Villamarina, 14 novembre ; La Tour d'Auvergne à Walewski, 24 novembre 1858.
4. Cavour à de Launay, 6 décembre 1858. « L'archiduc Maximilien a été notre ennemi le plus terrible... par ses réformes pleines de sagesse », disait plus tard Cavour au baron de Talleyrand. H. d'Ideville, Journal d'un diplomate, I, p. 11.
l'aimable archiduc avait agi de son gré, sans compter sur la volonté de son frère et de ses impitoyables conseillers ; il fut appelé à Vienne, et, à son retour en Lombardie, quelques mesures maladroites prises par lui, semble-t-il, à contre-cœur, excitèrent de nouvelles colères et dissipèrent le bénéfice d'une sage politique \ A la fin de Tannée, la situation devenait si tendue, qu' « il eût suffi, mandait La Tour d'Auvergne, dans l'état de surexcitation des esprits, d'une rixe individuelle pour amener une conflagration sérieuse2 ». Et Cavour de goguenarder : « Ce brave archiduc essaie une entreprise impossible ; c'est tout juste comme quelqu'un qui voudrait blanchir un nègre. »
Et de la Sicile aux Alpes pénétrait, profonde et tenace, l'influence de la Société nationale. La Farina faisait merveille, avec une activité d'ailleurs dévorante3. Dans ses visites matinales, à la casa Cavour, il avait été mis au courant, en partie seulement, du secret de Plombières, et l'exploitait avec d'autant plus d'habileté que le pacte demeurait dans le mystère ; à ses correspondants de Sicile, de Rome, des Romagnes ou des duchés, La Farina prêchait la nécessité des sacrifices et la certitude du prochain succès. Et dans toutes les sections de la Société, depuis le mois de juillet surtout, l'espérance croissait avec l'imminence de la crise*. La Farina ne se bornait pas d'ailleurs à de belles paroles et à de vagues manifestes : il attisait avec soin l'incendie toujours rallumé à Massa et Carrare; dès le mois d'octobre il soumettait à Cavour le plan