Cavour à E. d'Azeglio, 1er décembre
2. La Tour d'Auvergne à Walewski, 3 janvier 1859. — En marge et de la main du ministre : « Envoyer à Sa Majesté. »
3. Je ne puis entrer ici dans le détail de sa correspondance que l'on retrouvera dans les volumes de son Epistolario.
4. De La Gorce, Histoire du Second Empire, t. II, p. 368; Bersezio, Il recjno di Vittorio-Emanaele II, t. VU, p. 49 et suiv.
d'une vaste insurrection, qui, débutant dans les deux villes prédestinées, s'étendrait à Modène, à Parme, dans les Romagnes, la Toscane, et finalement engloberait l'Italie entière. L'Autriche serait prise à revers par un autre soulèvement ; le général Klapka, un des héros de la révolution hongroise de 1848-1849, était venu à Turin, sur le conseil de Cavour qui le tenait « pour un homme très capable, très éclairé, pouvant dans des circonstances données nous rendre des services1 », et l'utilisa dès lors dans différentes occasions; le général préparait une désertion en masse des régiments magyars et la formation d'une légion hongroise sous son propre commandement2. Garibaldi arrivait de môme à Turin, et, le 20 décembre, avait un long entretien avec Cavour pour préparer l'organisation des bersaglieri qu'il devait conduire à l'ennemi". Dans un manifeste daté du 14 décembre, la Société nationale demandait à l'Italie la dictature de Victor- Emmanuel pendant la guerre, et, par une habile manœuvre4, affirmait que le soulèvement national n'avait rien pour effrayer les gouvernements, car il ne préjugeait point du règlement des questions constitutionnelles. Ainsi tous se préparaient au grand combat \
A l'étranger sur quels concours pouvait-on compter ? La Russie serait sympathique, par haine de l'Autriche, mais neutre, ne pouvant, après ses épreuves de Crimée, rien entreprendre avant plusieurs années. Sans doute, les Russes