‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 3)Chapitre 77 sur 347 · Supra, t. III, p · texte numérisé non relu

Supra, t. III, p

pas politique, écrivait Cavour à une amie anglaise, car je ne pourrais vous adresser que des doléances et des lamentations1. » Sans doute l'opinion publique, à Londres, était sympathique à la cause italienne, mais le cabinet ne pouvait sacrifier l'Autriche, étroitement associée à la défense de ses intérêts en Orient 2 : d'ailleurs il redoutait que la conflagration devint générale et que son pays y fût entraîné sans intérêt ni profit ; aussi lord Malmesbury envoyait-il à son ministre en Piémont des instructions si catégoriques que, tout favorable à la Sardaigne que fût sir James Hudson, il donnait ce laconique conseil à son ami Cavour : « Tenez -vous tranquille ».

Et l'Allemagne? Cavour savait l'opinion défavorable des moyens Etats, satellites de l'Autriche, la Bavière, la Saxe royale, mais il pensait les neutraliser par l'influence de la Prusse3; les diplomates berlinois, Manteuffel leur chef, Bismarck le meilleur, avaient encore la rancœur de l'humiliation d'Olmutz, et il ne leur devait point déplaire que leur « cher confédéré » reçût à son tour une forte tape. C'était en partie pour affermir ces bons sentiments que Camille s'était rendu à Bade où il avait vu le ministre-président de Prusse. Or, brusquement, cet appui s'effondrait : le prince Guillaume, qui avait conservé pendant la maladie de son frère le cabinet Manteuffel, recevait la régence le 7 octobre 1858 et immédiatement changeait la direction de la politique extérieure du royaume. Manteuffel était rendu à ses études, le 6 novembre un nouveau cabinet était constitué avec le prince de Hohenzollern-Sigmaringen comme président

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