‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 3)Chapitre 78 sur 347 · Rothan, Napoléon III et l'Italie, p · texte numérisé non relu

Rothan, Napoléon III et l'Italie, p

3. Cavour à La Marmora, 24 juillet 1S5S. Cpr. Cavour à Manteuffel, 18 février 1858.

et M. de Schleinitz aux Affaires étrangères : le gouvernement passait pour très favorable à l'Autriche. Cavour en fut fort inquiet et ses lettres à ses représentants à Berlin et Francfort démontrent avec quelle finesse il prévoyait le coup qui mit fin à la campagne de 1859. Leur révélant le « secret » de Plombières, sachant que « le nouveau cabinet de Berlin n'éprouve pas pour l'Autriche la même antipathie et le même éloignement qu'éprouvait M. de Manteuffel », redoutant un rapprochement intime des deux grandes puissances allemandes, prévoyant même la disgrâce de Bismarck1, il adressait un énergique appel au patriotisme, à l'expérience, à l'habileté de ses diplomates « pour aider puissamment votre pays à sortir avec honneur et profit de la position critique où il est placé 2 » .

Ainsi le tour fait de l'Europe, il ne restait pour allié que la France. Il était donc nécessaire, non point seulement de lui être fidèle « dans les petites choses comme dans les grandes choses», mais même de ménager les plus vaines susceptibilités : et si le duc d'Aumale veut envoyer son neveu, Chartres, à l'Académie militaire de Turin, avant de l'y admettre, le roi fait pressentir Napoléon III qui répond que « cela lui est bien égal 3 » ; et Cavour écrit à Bixio une longue lettre destinée à circuler, pour démontrer que cette entrée d'un enfant de la famille d'Orléans dans une école sarde, constituera, si le prince Napoléon épouse la princesse Clotilde, une adhésion indirecte à la politique de l'empereur'. « Car, disait-il dans une autre occasion au ministre de France, il était toujours

1. Bismarck fut envoyé quelques semaines plus tard de Francfort à Pétersbourg.

2. Cavour à de Launay, 6 et 7 décembre; à de Barrai, 9 décembre 1858.

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