‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 3)Chapitre 82 sur 347 · Cavour à La Marmora, 27 septembre · texte numérisé non relu

Cavour à La Marmora, 27 septembre

2. C. Nigra à Cavour,!" octobre 1858. Bolléa, p. 123 et suiv.

L'ATTENTAT D'ORSINI. L'ENTRETIEN DE PLOMBIERES Uo

précise fermeté., et garantissait d'ailleurs que le cousin ferait un excellent mari1. Victor-Emmanuel remercia, très flatté, très reconnaissant, très embarrassé aussi, ne voulant pas forcer sa fille qui désirait voir le prince avant toute décision2. Mais le prince Xapoléon était rentré de Varsovie et il avait fait connaître à Turin les « graves considérations » qui l'empêchaient de s'y rendre : dans l'état de l'opinion publique en Europe, son voyage équivaudrait à peu près à la manifestation de « nos projets » et aurait de réels inconvénients, il préférait donc « tout conclure à la fois* ». Le vrai est qu'il ne voulait pas s'exposer à un refus, alors que sa demande serait connue de tous.

Ainsi les « hautes parties débattantes » se butaient, chacune dans leur opinion. Il fallait décider. Qui sacrifier? la mission historique d'un État, ou la vie sentimentale d'une femme? Une enfant de seize ans répondit qu'elle prenait pour elle le sacrifice, et elle le porta jusqu'à sa mort avec un sourire de noble dignité. Sur la plaque de bronze où sont inscrits les noms de ceux qui firent l'Italie nouvelle, la princesse Clotilde a sa place.

La voie était désormais libre pour traiter l'autre sujet de la conversation de Plombières, le plus grand, la campagne contre l'Autriche. Les négociations pouvaient-elles s'entreprendre par la voie officielle des légations ? sans doute, le ministre de Sardaigne à Paris avait-il été informé, en octobre, par une lettre de son chef et un entretien avec Nigra, du secret de Plombières, et que « nous sommes à la veille du plus grand drame des temps modernes » ; mais le ministre des Affaires étrangères de France ne fut mis au courant, quelque incroyable que la chose puisse paraître, qu'à la fin de

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