‹ Cavour et l'unité Italienne (volume 3)Chapitre 83 sur 347 · Gavour au prince Napoléon, 25 octobre et 8 novembre · texte numérisé non relu

Gavour au prince Napoléon, 25 octobre et 8 novembre

novembre, et il protesta contre ce manque de confiance par une lettre pathétique 1 ; et le ministre de France à Turin ne savait rien, ni officiellement, ni même, semble-t-il, par ses renseignements privés; Victor-Emmanuel et Cavour avaient tenu à ce qu'il en fût ainsi, se méfiant du prince de La Tour d'Auvergne. « C'est un scélérat », disait le roi"; « un pauvre sire, plus faible que méchant », répliquait doucement le ministre3; alors que le prince était un galant homme, et n'avait qu'un tort aux yeux des Italiens, de soutenir une politique qu'il tenait pour seule profitable aux intérêts de la France. Dans ces conditions, les négociations ne pouvaient que se poursuivre par un échange direct de lettres, — une correspondance latérale, disait-on alors, — entre l'empereur et le prince Napoléon d'une part, le roi et Cavour de l'autre ; à ces documents venaient s'adjoindre des épîtres de Cavour au Dr Conneau4, pour l'édification de l'empereur, et à Bixio, pour être communiquées au prince, « son ami »\ De telles missives ne pouvaient circuler par la voie diplomatique et encore moins par la poste en ce temps de « cabinet noir » ; elles étaient portées par Constantin Nigra, par son jeune frère, par le fils de Bixio ; le premier était si souvent en route que Cavour craignait que ces voyages « ne missent nos ennemis sur la piste de la vérité6 ». Le tout avait une

1. Rothan, Napoléon 111 et l'Italie, dans la Revue des Deux Mondes du 15 février 1899, p. 774.

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