Cavour à C. Nigra, 17 décembre
2. Les origines du discours, et spécialement du « Grido di dolore », qu'il contient, ont donné lieu à toute une littérature. On en trouvera le détail dans un article de L.-C. Bolléa, // « grido di dolore » del 1S59t inséré dans le Bolletino slorico-bibliorjraftco subalpino, Turin, t. XVI, 1911, p. 219 à 256, et comme l'article avait été contesté, dans une réplique de M. Bolléa, Ancora il « Grido di dolore » del 1859, brochure de 16 pages, Casale, 1912.
3. Cavour à Nigra, 7 janvier 1859. C'était d'ailleurs la tactique de l'empereur de laisser dire par son allié ce qu'il ne voulait pas dire lui-même. Mazade, Cavour, p. 224.
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remanié en conséquence et, par prudence, « sa queue » communiquée de nouveau à Paris; dans la nuit du 9 au 10 seulement , Nigra put envoyer « l'approbation explicite et sans réserves de l'empereur1 ». Au moins, ce discours n'était point improvisé comme le « compliment du Jour de Tan ».
Ces pourparlers ne purent demeurer dans l'ombre : le Times en avait eu vent, et avait révélé leur mystère à ses lecteurs de Londres et d'ailleurs. A Turin l'attente était vive, chacun comprenant que le discours royal allait constituer « une manifestation de politique extérieure capable d'exercer son influence sur la marche des choses en Europe2 ». Dans la matinée du 10 janvier, tandis que le monarque répétait son discours, pour doubler par l'accentuation l'effet des paroles, députés, sénateurs, public sentassaient dans la salle du Palazzo Madama, tous les diplomates à leurs places. Enfin Victor-Emmanuel entre, la tête haute, le regard brillant : dans un silence profond, il commence sa lecture; les premières phrases sont relatives à la politique intérieure; on attend le trait de force; le roi prend une pause et continue sur un ton résolu 3 : « Messieurs les Sénateurs, Messieurs les Députés. L'horizon au milieu duquel apparaît la nouvelle année n'est pas complètement serein. Malgré cela vous vous mettrez avec l'application habituelle à vos travaux parlementaires. Réconfortés par l'expérience du passé, nous allons résolument à l'encontre des éventualités de l'avenir. Cet avenir sera heureux, car notre politique repose sur la justice, sur l'amour de la liberté et de la patrie. Notre pays, bien que petit par l'étendue, a acquis du crédit dans