‹ Cavour et l'unité ItalienneChapitre 105 sur 247 · Massari, Vila di ViLlorio Emanuele II, \). IIG · texte numérisé non relu

Massari, Vila di ViLlorio Emanuele II, \). IIG

sur l'historique des relations commerciales entre les deux pays, une argumentation sur les divers chapitres des tarifs, une péroraison qui ne manquait point de force. « L'horizon est encore sombre autour de nous, dit-il, et nos institutions ne sont point ù l'abri de tout péril; il est, je ne dis pas probable, mais possible qu'un événement vienne à se produire qui nous fasse désirer Tappui au moins moral de la France, et je crois qu'il serait peu sage d'indisposer de quelque manière que ce soit la France contre nous. » Sans doute, la grande nation ne ferait point une guerre de tarifs, mais on pourrait y redouter un sentiment d'antipathie et d'animosité semblable à celui qui s'éleva contre elle-même en Angleterre lorsque M. Guizot rompit les négociations relatives à la traite des noirs, « sentiment qui n"a pas été peut-être sans influence sur la révolution de 1848^ ». La Chambre vota le traité à une forte majorité le 23 janvier, et le Sénat sans difficulté le 5 février. Trois mois après, il fallut le modifier.

Pendant la discussion du traité avec la France, un plénipotentiaire belge vint à Turin offrir de négocier un traité de commerce avec son gouvernement; la convention n'avait point pour le Piémont un sérieux intérêt économique, les échanges n'ayant point alors grande importance entre les deux pays ; mais elle était d'une haute valeur politique, car elle sortait le Piémont de son isolement en prouvant que son « amitié commerciale » était recherchée par un Etat aussi lointain. Cavour s'empressa donc, « sur-le-champ » ", d'accepter les propositions de la Belgique, et après une étude très attentive, la convention fut signée le 24 janvier 1851 : l'impression fut très favorable en Piémont, car il obtenait des concessions

1. Discours du 21 janvier ISol, traduction Artom et Blanc, p. 9i à

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