‹ Cavour et l'unité ItalienneChapitre 107 sur 247 · Cavour à E. de La Rue. 28 novembre · texte numérisé non relu

Cavour à E. de La Rue. 28 novembre

avoir échangé les congratulations d'usage avec l'amiral de la flotte sur « la brillante réputation acquise par notre marine militaire, les services qu'elle a rendus, ceux plus signalés que le pays attend d'elle * », le ministre passa une visite sévère de ses services — et constata qu'ils étaient dans un état lamentable. « Le corps de la marine royale a besoin d'une réforme radicale, il est impossible de le conserver comme il se trouve actuellement constitué^ », écrivait-il à un grand chef, et il énumérait les points défectueux, répartition des marins et des fusiliers, artillerie, administration, etc..

La discussion du budget de la marine, au début de janvier, permit au nouveau ministre d'expliquer sa politique de mer. Un député de Savoie, M. Parent, demanda la réduction des dépenses de la guerre et de la marine, le Piémont devant chercher sa force dans ses alliances et non dans le nombre de ses navires. Cavour de répliquer : il sera d'autant plus facile à la Sardaigne de se procurer de puissantes alliances, qu'elle pourra de son côté offrir un contingent plus considérable de troupes et de vaisseaux. « Il est important que l'Etat fasse tous ses efforts pour ne se trouver jamais dans une situation d'infériorité vis-à-vis d'une autre puissance italienne . » (Lisez : l'Autriche, qui possède le royaume lombard-vénitien). Il presse sur la Chambre pour obtenir de suite des crédits importants sans recourir à une enquête longue et illusoire (8 janvier) ; il insiste sur l'urgence d'améliorer l'École navale en la transportant à la Spezzia et la nécessité de perfectionner, par des séjours à l'étranger, les études des ingénieurs des constructions navales (15 janvier).

Il s'active immédiatement à ce Risorgimento naval, pour remplacer par de nouvelles les vieilles unités qu'on vendrait

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