‹ Cavour et l'unité ItalienneChapitre 108 sur 247 · Cavour à l'amiral F. Serra, janvier · texte numérisé non relu

Cavour à l'amiral F. Serra, janvier

au commerce, pour envoyer des missions d'étude en Angleterre, pour étudier les derniers perfectionnements de la machinerie, notamment les bateaux à hélice V Parmi ses projets, il en est un digne d'être spécialement signale, en raison (le son importance économique et politique. Malgré son ampleur, la rade de Gênes se prêtait mal à son double rôle de port de commerce et de préfecture maritime : les deux marine, de guerre et de commerce, y étaient à l'étroit, et leurs services, Etat-major, Ecole, Arsenal, Bureaux de navigation et de statistique, s'enchevêtraient d'une manière plus pittoresque que pratique. L'idée traînait depuis quelque temps de dédoubler le port en transportant ailleurs les navires de l'Etat ; dès son arrivée au ministère, Cavour s'empare de ce projet et sous son active impulsion, tout marche; il connaît les détails de la question, car il a été officier du génie à Gênes même et il est exportateur de grains ; il pousse les bureaux, presse le Conseil municipal, secoue les inerties, démontre qu'aux menées de l'Autriche qui a englobé Parme, Modène, presque la Toscane dans son système douanier, il faut opposer une organisalion modèle à Gênes, rattachée bientôt par voie ferrée à la vallée du Pô, à la France, à la Suisse, à l'Allemagne, capabh; de devenir le grand port de la Méditerranée centrale. Et son activité, sa force de persuasion sont telles que bientôt son projet est accepté ; la marine de guerre et ses annexes seront transportées à la Spezzia ; le port de Gênes, consacré uniquement au commerce, sera complètement transformé, « modernisé », et l'ancien arsenal deviendra des docks modèles.

Ce projet était grandiose et sa portée politique frappa dès qu'il fut connu : il était dirigé net contre l'Autriche", qu'il menaçait militairement par la translation de l'arsenal à la

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