‹ Cavour et l'unité ItalienneChapitre 113 sur 247 · Mémoire de Cavour. Chiala, I, p. o · texte numérisé non relu

Mémoire de Cavour. Chiala, I, p. o

Pour compléter la réforme douanière, le ministre avait signé un acte additionnel avec la France, de nouveaux traités avec les représentants de la Suisse, du ZoUverein, des Pays-Bas, et enfin, en novembre! 80 1 seulement, de l'Autriche. Le dernier lut le plus délicat à négocier ; [mais la convention avec la France présenta de plus graves difficultés au Parlement, car en Savoie, à Nice, de vives protestations s'étaient soulevées, la situation des deux provinces leur rendant sensible toute révision des tarifs douaniers avec un pays dont elles étaient plus voisines que de leur propre patrie. L'acte fut déposé à la Chambre vers le 10 juin ; les députés siégeaient depuis sept mois ; de récents débats sur le mariage civil, sur la suppression des dîmes de Sardaigne, les avaient surexcités ; « nous avons une queue de session dure à écorcher », écrivait Cavour à un ami '. On s'attendait donc à de virulentes discussions, mais « la longueur et la violence dépassèrent toutes les espérances" ». Dès le premier jour, 28 juin, les discours de l'opposition prirent un ton plutôt ardent, des attaques très vives s'élevèrent contre la France, qui abusait de sa force de grande puissance pour écraser le faible Piémont, contre le cabinet, qui se laissait conduire au détriment du pays, contre Cavour que le bouillant Sinéo attaqua avec violence dans ses opinions, dans son passé. Très calme, Camille objecta : « Je ne répondrai pas aux allusions que l'honorable Sinéo a faites à mon passé ! J'ai vécu toute ma vie ti Turin, au milieu de mes concitoyens ; ils seront plus ou moins sévères pour les erreurs que je puis avoir commises, mais certes personne ne doutera de mes intentions, des sentiments que j'ai manifestés dès l'âge de seize ans, et à une époque où il n'était pas sans danger d'en

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