‹ Cavour et l'unité ItalienneChapitre 114 sur 247 · M. (le lUilenval à M. Barochf 30 juin · texte numérisé non relu

M. (le lUilenval à M. Barochf 30 juin

LES DÉBUTS D UN MINISTRl-: 189

montrer de pareils * ». Et il continua en exposant les motifs politiques de la convention, en protestant contre les injustes reproches adressés au gouvernement français. Mais la discussion se prolongea, les orateurs s'énervèrent et Sinéo, emporté par la passion, déclara qu'il s'agissait de savoir si en nie prenant point la parole pour défendre sa proposition « le ministre avait ou n'avait pas un intérêt personnel ». [Mouvement général.)

Cavour [se levant avec vivacité). — Il ment ! J'ai pris la parole. (Signes gêné eaux d'adhésion à droite et ait centre. Agitation générale.)

LEPRÉsiDENT(Pinelli). — Je rappelle à l'ordre M. le Ministre; cette parole n'est pas admissible dans un Parlement. [Agitation et bravo ! à gauche.)

Cavour. — Qu'on ne permette pas de telles insinuations. [Avec grande vivacité.) Si l'honorable député Sinéo persiste dans ces accusations, je prierai mes collègues de me permettre de sortir de cette Chambre. (Non ! non ! à droite et au centre.)

L'agitation se prolongea pendant un long moment, avec intervention des crieurs habituels, rappels à l'ordre du Président, émotion générale, et puis calme complet. Sinéo protesta qu'il n'avait eu l'intention de rien dire qui pût blesser l'honneur du ministre ; Cavour retira le démenti qu'il lui avait adressé"; et la Chambre ratifia la convention à une majorité d'autant plus forte (89 contre 31), que plusieurs députés qui lui étaient contraires, votèrent en sa faveur pour témoigner « leur sympathie à Cavour » .

C'était un beau succès, dû à la vigueur tenace des ministres sardes. Quelques jours après, M. Barbche écrivait, du quai

1. Cavour à la Chambre, 28 juin 1851, Artom et Blanc, j). 149.

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