‹ Cavour et l'unité ItalienneChapitre 115 sur 247 · Cavour à Castelli, 1" juillet IS.'îl · texte numérisé non relu

Cavour à Castelli, 1" juillet IS.'îl

d'Orsay, à M. de Butenval (qui l'y avait habilement engagé) : « Le langage que MM. d'Azeglio et de Cavour ont tenu sur la France dans le cours de la discussion relative à la convention commerciale est empreint d'un caractère de fermeté et de loyauté qui nous a vivement frappés. Je désire que vous ne le leur laissiez pas ignorer * . »

Et la session continua ; les ministres, les députés étaient tous exténués, sauf Cavour, très guilleret ; il avait encore une loi importante à présenter au Parlement, sur le développement de la Banque nationale, le doublement de son capital, le cours forcé de ses billets : dans un grand et important discours, il exposa qu' « un État qui veut atteindre un haut degré de prospérité matérielle et développer au plus haut point ses moyens de production, doit avoir un grand établissement de crédit » . Il exposa le rôle joué par la Banque d'Angleterre, par la Banque de France, la nécessité d'un tel établissement dans les États sardes. Il fut érudit, disert, persuasif... Mais la lourde chaleur de juillet collaborait avec l'opposition ; sur les banquettes quelques rares députés somnolaient, la Chambre n'était plus en nombre, il fallut ajourner le projet. Cavour s'en consola, prêt à se retourner vers d'autres combinaisons, bien décidé à « doter le pays des institutions dont il a besoin malgré l'animosité de la gauche "^ ».

Le 16 juillet, enfin, un décret « prorogeait » la Chambre.

Ainsi finit cette longue session, non la plus importante, mais la plus nourrie qu'ait connue jusqu'alors le Parlement sarde : tous les budgets régulièrement votés; l'armée et la marine militaire remises en état ; d'importants emprunts et de nouveaux impôts décidés ; dix traités de commerce ratifiés — tel était son bilan, et il était facile d'y relever « l'impulsion

Page 1