M. Baroche à M. de Butenval, li juillet
t. Cavour â CasteUi, juillet 185* ; à Revel, «juillet 1851.
presque violente apportée tout à coup dans les Conseils du roi par le jeune et impétueux ministre... M. de Cavour est l'homme indispensable^ constatait le ministre de France... Cette initiative fougueuse, sans contrepoids, est évidemment un danger. Mais ce danger trouve son atténuation et ses limites dans la haute position, la grande fortune et l'incontestable valeur de l'homme aux desseins duquel on la rapporte ^ »
Le Parlement en vacances, Cavour jouit d'un calme qui lui permit d'étudier à loisir d'indispensables réformes. Pour apurer complètement les finances publiques, il fallait obtenir de nouvelles ressources ; déjà la Chambre avait taxé les maisons, les terres de mainmorte, les successions et les créances hypothécaires, jusqu'alors afTranchies de toute redevance envers l'Etat ; il était nécessaire de prévoir, en outre, une augmentation de l'impôt foncier et la création d'une taxe personnelle et mobilière ^ ; on le remarquera, Cavour s'adressait presque exclusivement à des impositions directes pour trouver les crédits nécessités par l'accroissement des dépenses, et c'était la suite logique de son système économique ; d'ailleurs, les études de ces deux réformes et leur discussion au Parlement se prolongèrent au point qu'elles n'étaient point votées, lorsqu'il abandonna le ministère. Une réforme administrative, la réfection de la comptabilité, l'organisation du crédit, tels étaient « les chevaux de bataille » que Cavour comptait lancer ensuite.
De courtes visites à Léri, un séjour avec le roi à Gênes, « bienheureuse ville où l'on est à la lettre assiégé du matin au soir par une armée de solliciteurs que rien n'ébranle ni ne décourage », « où le roi a été reçu avec respect et avec