‹ Cavour et l'unité ItalienneChapitre 118 sur 247 · Massari, VUlorio Emanuele II, p. 118 ; Cavour, p · texte numérisé non relu

Massari, VUlorio Emanuele II, p. 118 ; Cavour, p

en 1848 au mouvement libéral de Rome; collaborateur de Rossi, à la mort de son noble maître il s'était retiré à Turin où il s'était lié d'amitié avec Gavour qui lui avait demandé de collaborer au Hisorgimento ; sa présence dans le ministère avait une signification très nette, de libéralisme et de patriotisme italien, de glissement vers la gauche. Ses débuts furent d'ailleurs difficiles ; il n'était pas député, beaucoup lui reprochaient de n'être même point sarde, et lorsqu'il se montra vrai partisan de la liberté, il indigna ceux qui n'attendaient, n'espéraient de lui qu'une politique de représailles. Le cabinet n'y était point disposé ; à ce moment il dépêchait à Rome un noble seigneur, M. de Sambuy, dans Tespoir, toujours déçu, d'une entente avec le Saint-Siège.

Les Chambres étaient rentrées de vacances, et les chefs de la gauche, Brofferio et Sinéo, tout réconfortés par quatre mois de silence, interpellèrent sur quelques petites choses : l'influence du clergé, la démission de Gioïa, les incidents universitaires, l'enseignement de la théologie, la mission de M. de Sambuy, la partialité des magistrats, le déficit dans les finances, l'insécurité des routes, et plusieurs et caetera ; dans cette énumération, Gavour ne fut pas épargné, et ne manqua point de rire des traits qui lui étaient lancés. Beaucoup plus réservée fut l'attitude d'un ancien chef delà gauche, Rattazzi : celui-ci était resté depuis près d'une année dans un silence prudent, et dès ces débats il apparut qu'avec un petit groupe de ses amis il se détachait des antiministériels. Il ne pouvait que souscrire aux paroles que Gavour prononça le 29 novembre devant la Ghambre.

Le Gouvernement, dit-il en substance, a la ferme intention de parvenir à faire disparaître du budget les sommes qui sont maintenant appliquées aux besoins du culte... Personne ne contestera qu'il est désirable que le nombre des diocèses et

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des canonicats soit réduit dans une certaine proportion..» Or, cette réforme dans la juridiction ecclésiastique ne peut s'opérer sans le concours du Saint-Siège. » Interrompu par la gauche, il reprit cette déclaration : « Tant que nous serons catholiques, nous ne pourrons pas le contester. » Mais il ajouta cette réserve : « Si cet espoir s'évanouit, et que nous devions, pour le moment, renoncer à une réforme dans la juridiction ecclésiastique, nous nous bornerons résolument aux simples réformes économiques ; et quand même le but ne pourrait être atteint que d'une manière moins favorable et moins satisfaisante, nous ne négligerons rien pour y parvenir.

C'étaient là de graves paroles, pleines de restrictions et d'inconnu, qui soulevaient des discussions passionnées, dans le parti radical comme parmi les cléricaux. Mais, à ce moment, un très grave événement se produisait, qui attira sur lui l'attention de tous : le coup d'Etat du 2 décembre.

Sans l'avoir prévu, on n'en fut point très surpris, car, « il paraissait évident que l'antagonisme de l'Assemblée et du Président ne pouvait durer plus longtemps ^ » ; mais il permettait toutes les espérances et toutes les craintes.

Les réactionnaires, la petite camarilla qui gravitait autour des princes, y voyaient un bon exemple, une leçon pour la maison de Savoie de jeter dehors un Parlement envahissant. de déchirer un Statut o impie ^ et de rétablir la vraie, la seule monarchie, d'autorité et de droit divin. Et c'était là môme ce que redoutaient les partisans du nouveau régime, libéraux comme radicaux : les journaux de gauche manifestaient leur indignation avec tant de force, que Cavour, redoutant un incident avec le ministre de France, — lequel était enthou-

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