‹ Cavour et l'unité ItalienneChapitre 120 sur 247 · Cavour à la Chambre des Députés, 9 décembre · texte numérisé non relu

Cavour à la Chambre des Députés, 9 décembre

Bientôt d'ailleurs deux nouvelles complications se produisaient : Tune, née de l'insurrection républicaine dans le Midi de la France, qui refoulait alternativement, à Nice et en Savoie, les fonctionnaires ouïes révoltés; l'autre, très grave, car elle mettait en péril l'existence môme de la monarchie parlementaire en Piémont, provenant de l'attitude prise par l'Autriche.

Violer le serment de fidélité à la constitution, chasser les députés en jetant les meilleurs en prison, instaurer un régime de brutalité, — pour Schwarzenberg, c'était tout à fait bien. Et il pensa trouver dans le nouveau régime de la France un complice pour écraser définitivement la Révolution en Italie. 11 s'en ouvrit nettement vers le milieu de décembre à l'ambassadeur français \ et s'en prit particulièrement au Piémont.

« Au signal donné, affirma-t-il, la tempête révolutionnaire éclatera dans ce pays avec une violence irrésistible, elle entraînera le gouvernement qui ne dispose plus d'aucun moyen de résistance et elle débordera sur les pays voisins. » Gomme le diplomate révoquait en doute l'exactitude de ces renseignements et trouvait ces craintes imaginaires, le prince lui lut quelques dépêches de Naples, racontant, à leur manière, Tincident survenu lors de la réception de M. de Ramirez par Victor-Emmanuel*, et d'après lesquelles le roi aurait déclaré qu'il ne redoutait pas une crise, « qu'il l'appelait de tous ses vœux parce qu'elle lui fournirait l'occasion de monter à cheval pour prendre une éclatante revanche des défaites de 1848 et 1849 cl de remplir la mission des Princes de la maison de Savoie ». M. de Schwarzenberg en concluait qu'il y avait à Turin, par faiblesse ou aveuglement, parti pris de se laisser

1. M. do La Cour à M. de Turgol, 14 décembre 1831. Archives des Aff'airesélran-ières, Autriche, l. CCCCXLVI, f" 8a cl suiv.

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