M. dp Butenval à M. de Turgot, 23 mai
4. « L'élément principal (de la crise), écrivait avec perspicacité M. de Butenval dans la dépêche précitée, c'est la volonté du roi qui a tout décidé, — fait dominant, inattendu. »
5. G. Pallavicino it la marquise Pallavicino, 24 et 29 mai 1852.
rester. » Azeglio eût insisté « pour qu'on se raccommodât » ; Cavour s'y serait obstinément refusée Peut-ôtre les choses se passèrent-elles avec moins de galanterie, car avant que Cavour se décidât à la retraite, plusieurs Conseils se tinrent où furent dites des choses sans aménité'; et alors que Camille faisait à M. de Butenval ces déclarations lénitives, Massimo écrivait à un ami : « J'ai mis à la porte Cavour et Farini » .
Le tout est que le 16 mai ces deux ministres donnaient leur démission; le même jour, le roi chargeait M. d' Azeglio de reformer le cabinet. Et pendant que Massimo se livrait à des démarches, très laborieuses d'ailleurs, pour constituer un ministère conservateur, mais assez modéré pour réunir la majorité à la Chambre, Camille faisait ses visites d'adieux, dînait avec des députés d'extrême gauche', et annonçait à ses amis : « Azeglio est souffrant et affaibli ; le moral se ressent de son état physique. La crise passée, il devra se retirer car il a perdu tout prestige à la Chambre... Alors on pourra faire un cabinet franchement libéral*. »
Le 21 mai, enfin, le nouveau cabinet était constitué : beau joueur, Cavour avait promis de l'appuyer, mais il avait prononcé V l'exclusive » contre un de ses anciens collègues, Galvagno, avec qui il avait eu des difficultés personnelles. Cibrario et Boncompagni, de la droite très modérée, avaient accepté de faire partie du ministère par dévouement politique et par affection envers Azeglio, car pour des hommes d'avenir la situation n'était point tentante, voire compromettante.
Cavour reprit sa place à la Chambre, intervint même dans quelques discussions, mais il se sentait dans une position