Mazade, Le comte de Cavour, p
3. Gastelli à Minghetti, juin 1852. Chiala, I, 262. « M. Thiers nous porte aux nues », écrivait Gavour le 17 juin 1852.
d'Angleterre et de Belgique*; il traitait avec ses banquiers quelques affaires financières, comme pour en reprendre l'habitude", quoiqu'il eût liquidé toutes ses valeurs de bourse, en entrant au ministère et malgré une perte importante. Enfin, ayant reçu du roi quelques manifestations d'estime, croix de l'Ordre civil, vague mission officieuse pour traiter des affaires monégasques % qui marquaient sa réconciliation avec la Couronne, après une visite à Victor-Emmanuel, il partit le 26 juin.
Il commença par passer à son cher Genève, mais quelques jours seulement, traversa la Suisse, s'arrêta à Strasbourg où « l'air pétulant des soldats, la contenance embarrassée des bourgeois » lui fit penser que « si nous n'aurons plus l'ère des Césars, nous pourrions bien être menacés de celle des Prétoriens », — ce fut précisément le contraire qui advint, — et le 5 juillet il était à Bruxelles. 11 y arrivait à un moment de crise politique; le cabinet libéral de M. Frère-Orban, alors au pouvoir, avait soulevé l'animosité du gouvernement du Deux- Décembre, le ministre de l'Intérieur, M. Rogier, s'étant exprimé avec une vigoureuse franchise sur la moralité du coup d'Etat*; les élections législatives du 8 juin ne lui avaient point été favorables. Cavour trouvait les chefs de la gauche « abattus et découragés, et plus disposés à céder au parti catholique qu'à le combattre avec un redoublement de vigueur,... tandis que leurs adversaires sont phjs compacts, énergiques, confiants dans le succès qu'ils ne l'ont jamais été ». Et Cavour en lirait cette