‹ Cavour et l'unité ItalienneChapitre 132 sur 247 · Discailles, Charles Hogier, t. III, p · texte numérisé non relu

Discailles, Charles Hogier, t. III, p

philosophie assez mélancolique : « Il y a de certains vents qui s'élèvent tout à coup dans l'atmosphère politique auxquels on ne saurait résister. Ces vents, grâce au ciel, ne sont pas éternels; ils perdent leur puissance, mais il y a un moment où ils brisent tout sur leur passage \ » Etait-ce un retour sur son aventure de mai? — D'ailleurs, deux jours après, Rogier donnait sa démission, le cabinet tentait de se remanier, trois mois plus tard, il était mis en minorité... par l'élection du Président de la Chambre, mais en sens inverse du Piémont, un conservateur remplaçant un modéré.

De Bruxelles, il se rendit à Londres, ayant calculé son voyage, avait-il dit à M. de Butenval, « pour assister en Angleterre au spectacle des élections^ ». Il avait semblé au cabinet tory de lord Derby que « les élections prenaient une mauvaise tournure pour lui^ ». C a vour arriva juste au moment où «le vent» tournait, et encore à l'avantage des conservateurs : ceuxci obtenaient une légère majorité aux Communes qui leur permettait de garder, pour quelque temps*, la direction du pouvoir et leur leader à la seconde Chambre, Disraeli, « chantait victoire » . Mais ce succès ne semblait point définitif à Cavour qui prévoyait une scission du parti, dont la fraction la plus ntelligente conduite par Disraeli se joindrait au parti libéral modéré dirigé par Palmerston^ Dans le secret de son cœur, Cavour avait probablement désiré le succès des whigs, dont les opinions politiques, — sinon économiques, — répondaient aux siennes. Il se consolait en écrivant : « Les tories ne nous sont pas hostiles; au contraire, notre anti-papisme nous rend

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