Cavour h Caslelli, 16 juillet
journellement à ses amis de Turin, La Marmora, ministre de la Guerre, Castelli, Farini, Borelli, Martini, Ponza di San Martino, ses camarades de combat; il y donnait, outre des indications sur la vie publique à Londres, les meilleurs conseils, les engageant à appuyer de toutes leurs forces le ministère : « Il serait très fâcheux à notre pays et à la cause de la liberté de penser à organiser une opposition contre A... (Azeglio)^ ». Ces lettres circulaient de mains en mains, on commentait la sagesse de ses directives, on présageait sa rentrée au pouvoir comme une proche éventualité^.
Il en doutait, croyant que les préventions du roi à son égard n'étaient point encore dissipées ; mais au début d'août, au cours d'unentretienavecMalmesbury, celui-ci, « à brûle pourpoint », lui lança ces paroles : « Je suis heureux de pouvoir vous annoncer de la manière la plus certaine que la France désire autant que nous votre entrée au ministère, et que cette rentrée est aussi désirée par Azeglio, car son neveu^ est venu, avant de partir, me prier de vous le faire savoir de la part de son oncle. » Interloqué de cette ouverture inattendue, car il n'est point dans les habitudes des Présidents des Conseils de chercher leurs collaborateurs par l'Intermédiaire des gouvernements étrangers, Gavour répondit à Malmesbury qu'il n'avait pas d'objections personnelles à collaborer avec Azeglio, « mais que représentant un parti qui avait été traité fort cavalièrement par Azeglio, il ne pouvait rentrer aux affaires sans obtenir pour lui une pleine satisfaction » . Et, mécontent du procédé, Gavour s'en plaignit à son ami, La Marmora, de façon qu' Azeglio n'en ignorât point*. Désormais, lui-même était fixé: