‹ Cavour et l'unité ItalienneChapitre 135 sur 247 · Emmanuel d' Azeglio, ministre de Sardaigne à Londres · texte numérisé non relu

Emmanuel d' Azeglio, ministre de Sardaigne à Londres

4. Cavour à La Marmora, 5 août 1852. On verra plus loin, p. 224, les suites de cet incident.

le roi, d'Azeglio le désiraient : mais il poserait ses conditions.

Volontiers fût-il resté encore à Londres, dont il aimait la vie intelligente et luxueuse', mais il avait hâte d'aller à Paris ; il voyagea quelques jours dans le nord de l'Angleterre « à visiter des usines, des fabriques et des mines », puis se rendit à Edimbourg et dans le Highland « à la recherche d'émotions romantiques » ; enfin, il arrivait à Paris le 24 août.

« C'est de la France surtout que dépendent nos destins' », écrivait-il avec une rare puissance de vue. Son séjour à Paris prenait d'autant plus d'importance que Rattazzi venait d'y arriver, Cavour tenant à dissiper les soupçons que son nouvel ami avait soulevés dans certains milieux; le commun voyage des deux chefs du nouveau parti prenait une haute valeur politique. Camille était « convaincu de la stabilité du gouvernement actuel; Napoléon, pensait-il, est maître de la situation; il le sera longtemps encore s'il ne se laisse pas emporter trop loin par le torrent réactionnaire. Si, tout en gardant le pouvoir, il sait flatter les instincts démocratiques des masses par des mesures populaires, il conservera une force irrésistible. Ce qui pourrait lui nuire plus que toute autre chose, c'est l'esprit ultramontain qui se développe dans le clergé et qu'il paraît caresser. Le peuple français se passera de liberté pendant quelque temps, mais si on veut le forcer à aller à la messe, il résistera ». 11 affirmait comme prochaine la proclamation de l'Empire, et espérait qu'ensuite « le gouvernement pourrait agir plus librement avec Rome et secouer le joug cléricaP ». Pour les deux hommes d'État italiens, il était donc de toute

1. « Je pars enchanlô de ce pays et plus angloraane que jamais », écrivail-il a Caslelli le 27 août 1852.

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