‹ Cavour et l'unité ItalienneChapitre 139 sur 247 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

I. Constitution DU Grand Ministère. — Situation précaire du ministère Azeglio : attaques des partis extrêmes. Incident Azeglio- Butenval. Relations tendues avec le Saint-Siège. Le mariage civil : correspondance de Victor-Emmanuel et Pie IX. Décision du roi et démission d'.\zeglio. Conditions du roi à Cavour : refus de celui-ci. Tentative de Balbo. Constitution du ministère Cavour. — Réunion du Parlement. Le budget. Le mariage civil au Sénat : rejet du projet. — Napoléon III empereur. — Débats financiers et économiques.

IL L'incident des séquestres. — Le joug autrichien sur la Lombardieetla Vénétie. Les conspirations et les répressions. L'insurrection de Milan (février 1853). Prudence du Piémont. L'édit de François-Joseph sur les séquestres. Protestations sardes et répliques autrichiennes. Attitude du gouvernement français. Le duc de Guiche. Demi-rupture diplomatique entre Vienne et Turin.

III. Session PARLEMENTAIRE de 1852-1853. — Projets économiques : les voies de communication. Nouveaux impôts. Lois militaires. Les débats parlementaires. Difficultés d'argent. — Les calomnies et l'attaque de la Casa Cavour. — Rattazzi, ministre de la Justice.

IV. Session parlementaire de 1853-1854. — Le Sénat rejette le projet de loi sur la Banque nationale. Mécontentement de Cavour. Crainte de conflits entre les deux Assemblées. Dissolution de la Chambre. Elections favorables au ministère. — Le Budget : dépenses ordinaires et extraordinaires; l'établissement de l'équilibre. — Le développement économique. La liberté du commerce des grains. — Rattazzi, ministre de l'Intérieur. — Le choléra. Cavour et le Père Jacques.

V. La loi sur les couvents. — Idées de Cavour. Loi sur les attaques du clergé. L'incameramento ; projet de Rattazzi; hésitations de Cavour, du roi; dépôt du projet de loi sur les couvents. Oppo-

i24 CAVOUR

sition du parti conservateur. Mort de la reine-mère, de la reine Marie-Adélaïde, du duc de Gènes. Monitoire du pape. Débats de la loi à la Chambre; discours de Cavour : le vote. — La loi au Sénat. Projet des conservateurs; lettre de Pie IX au roi; proposition Calabiana ; acceptation du roi ; démission du cabinet; combinaison Durando. Lettre de Massimo d'Azeglio. Revirement du roi. Fin de la crise; vole et promulgation de la loi sur les couvents. Le ministère se complète.

Trois ans de politique intérieure.

La démission de Cavour avait porté au ministère un coup dont il ne se remit point: sans doute, les nouveaux ministres, Cibrario, Boncompagni, étaient des hommes de valeur et de labeur, qui ont laissé an souvenir honorable dans la pléiade du Risorgimento ; mais ils ne pouvaient prétendre à remplacer l'incontestable chef des centres, le brillant animateur qui poussait, pressait, forçait le Parlement au travail. Le cabinet languit cinq mois durant, contemplant avec mélancolie les dilfîcultés surgir qu'il ne pourrait résoudre; et soudain il s'effondra.

Les vacances parlementaires n'avaient point amené la détente politique qui est leur habituel résultat; Azeglio, d'une santé toujours frêle, avait dû prendre un repos de quelques semaines pendant lequel ses ministres avaient ressenti amèrement combien mince était leur situation dans le pays; les gazettes amies du cabinet, le Risorgimento, VOpinione^ annonçaient un prochain remaniement ministériel ; Cavour avait bien promis son appui à ses anciens collègues, au moment où il s'en séparait, mais il était froissé de l'intervention de lord Malmesbury dans les affaires intérieures du Piémont', il ne dissimulait point son mécontentement, écrivant à San Mar-

Page 1