‹ Cavour et l'unité ItalienneChapitre 14 sur 247 · Supra, t. 1, p · texte numérisé non relu

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Savoyards, restant un peu leur compatriote ; M. de Lamartine demanda leur mise en liberté non comme un droit, mais comme « un appel à la sagesse du Roi, à sa prévoyance, aux sentiments de bon vouloir et de bonne entente qui doivent exister entre son gouvernement et celui de la France^ ». Le ministère était humain et savait qu'il est des fièvres qu'on ne soigne bien que par la douceur. A la fin du mois, un décret amnistia tout le monde. Et Cavour s'en réjouit.

A ce moment, la période électorale se terminait en Piémont; en d'autres temps, cette première consultation du pays, le passage du pouvoir absolu au régime parlementaire eussent surexcité de vives ardeurs politiques, mais l'attention était ailleurs, aux champs de bataille, aux projets de renaissance italienne; si, comme on l'espérait, le sort des armes était favorable, tous désiraient, attendaient l'union de l'Italie, du nord tout au moins, sous la monarchie constitutionnelle de Charles- Albert. « Les opinions particulières, les antipathies personnelles, les souvenirs du passé, tout était sacrifié à cette idée qui était regardée comme la seule sage, la seule politique, la seule italienne-, » Et comme à Milan, à Modène, à Parme, voire à Venise, les vœux de la majorité étaient identiques, on pouvait croire prochaine la formation du royaume subalpin. Ces préoccupations détournaient l'attention des électeurs : la loi électorale était libérale, très large, mais les citoyens si peu pressés de se présenter qu'il fallut prolonger le délai d'inscription; les candidatures, par contre, étaient nombreuses.

Cavour ne pouvait manquer de se porter candidat ; ses articles de revue, la direction du Risoi^gimento, la part prise par lui aux événements du premier trimestre de 1848, scm-

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