M. iJixio à M. de Lamartine, 13 avril
blaient le désigner naturellement aux suffrages de ses concitoyens . Il se mit donc en quête d'un collège électoral et après échange de nombreuses lettres, n'étant sûr du succès dans aucun, se présenta dans quatre en même temps, à Turin, Cigliano, Monforte, Vercelli. Sa circulaire électorale, parue dans le Risorgimento du 13 avril 1848*, répandue à cinq cents exemplaires dans un seul arrondissement', était sage, bien écrite, de bonne tenue, mais sans cet éclat qui s'impose aux lecteurs; lue après les événements, elle présente un vif intérêt, car le futur homme d'Etat y indiquait déjà quelquesunes de ses idées dirigeantes. « J'ai toujours voulu, y disaitil, avec un ferme dessein (et la langue italienne reproduisait presque le tenacem proposùi virum d'Horace) i Italie unie et libre et notre pays en possession d'un sincère système constitutionnel, où le trône repose sur la ferme et large base de la liberté populaire. Je fus dans le passé et je suis fidèle partisan do la monarchie constitutionnelle, parce que je la crois seule capable dans les conditions actuelles de la société européenne, de l'Italie en particulier, de concilier l'ordre et la liberté ; la stabilité est nécessaire au développement des intérêts économiques, avec les améliorations morales et politiques que réclament les justes et croissantes exigences des peuples; c'est pourquoi la monarchie constitutionnelle est le seul système de gouvernement. Le Statut sera notre symbole politique, mais le Statut considéré non seulement comme la consécration des grands et féconds principes de liberté, mais aussi comme le moyen le plus efficace pour introduire dans l'ordre économique et politique toutes les réformes, toutes les améliorations réclamées par l'expérience et la raison scientifique, toutes celles aussi que l'avenir révélera A l'esprit investigateur des