‹ Cavour et l'unité ItalienneChapitre 142 sur 247 · M. de Butenval y M. d'Azeglio, 12 octobre · texte numérisé non relu

M. de Butenval y M. d'Azeglio, 12 octobre

inusité dans les relations diplomatiques », en priant M. deButenval, « s'il tenait à ce qu'il fût donné cours à celles de ses demandes... qui peuvent être exécutées, d'en modifier la forme dans un sens plus conforme aux égards et à la parfaite convenance auxquels la Légation de France m'avait habitué par le passée » M. de Butenval renvoya immédiatement la lettre au Président qui la retourna derechef : et ce jeu de raquettes ne s'arrêta qu'en raison des instructions que le diplomate sollicitait de son Département dans uneoccurrence sans précédents.

La correspondance officielle fut-elle doublée d'un échange de lettres personnelles et plus vives encore ? On peut le croire d'après une lettre intime d'Azeglio, où il conte qu'il reçut « de M.de B... un billet dans lequel il me disait qu'il suffisait d'être des... quelque chose comme « canailles », pour être protégés par moi et par le gouvernement piémontais. Je lui envoyais mes témoins, l'un desquels était La Marmora. Le billet fut retiré, et une réparation consentie". » M. de Butenval se vanta d'autant moins au quai d'Orsay de cette visite extraprotocolaire qu'il reçut de M. Drouyn de Lhuys une lettre pleine de sagesse : « Son Altesse le Prince-Président »,misau courant de la correspondance, « regrettait que la communication qui a blessé M. d'Azeglio au point de lui inspirer un acte de vivacité bien inattendue de sa part, contrastât avec le caractère amical et bienveillant delà politique qu'Elle entend suivre à l'égard du Piémont. » Ministre et Président tenaient l'incident pour clos ^ M. de Butenval gémit, se lamenta, d'autant plus amèrement que les journaux avaient raconté

Page 1