M. d'Azeglio à Eugène Rendu, novembre
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lique » de son ancien ministre et un autoritarisme qui eût mis la couronne en tutelle ; il voulait une politique, non de combat, mais de recueillement, « dans un sens modéré », (|ui tînt son pays uni et prêt au jour d'une nouvelle conflagration. Mais en recevant la démission de son cabinet, il ne pouvait se soustraire à une indication donnée par tous, Azeglio le premier, et le 23 ou 24 octobre il manda le comte de Cavour qui avait gagné sa terre de Léri.
Avec sa brusquerie coutumière, le monarque charga son ancien ministre de former immédiatement un nouveau cabinet, mais à condition qu'il réglerait, d'accord avec la cour de Rome, les questions ecclésiastiques, et en particulier celle du mariage civil : c'était demander l'impossible, jamais le Saint- Père n'accepterait une loi dont il avait par avance dénoncé l'impiété. Cavour désira néanmoins consulter ses amis, et déjà VOpinione, journal ami de tout gouvernement, annonçait que Gamillo prenait, avec la présidence, les Affaires étrangères, San Martino l'Intérieur, Boncompagni la Justice et l'Instruction publique, La Marmora la guerre, Paleocopa les Travaux publics ; la liste était prématurée, car les amis politiques du futur Président, ceux avec qui il avait noué le conmibio, le confirmaient dans son avis : toute négociation avec Rome sur le mariage civil était vaine et humiliante ; il n'y avait que le choix entre ces deux partis : pour un cabinet réactionnaire, renoncer au projet; pour un ministère libéral, le défendre devant le Sénat, quitte à y succomber'. Cavour porta cette réponse au monarque, déclinant la responsabilité
1. On racontait à Turin que le roi avait imaginé cet expédient: Azeglio, avant de quitter définitivement le j)ouvoir. retirerait le projet de loi sur le mariage, civil, laissant le champ libre pour Cavour. Massimo refusa. Fier lui-même et désintéressé, il reprochait à Cavour d'être a trop souple pour assouvir ses ambitions personnelles ». Minehelli. Miei Ricordi, t. III. |i. 14 cl 5:i.
du pouvoir si Victor-Emmanuel persistait dans son intention, et indiquant le comte de Balbo comme apte à mieux se conformer à la volonté royale. « Je n'ai pu m'entendre avec le Roi, écrivait-il à un parent', et je repars pour Léri. M. de Balbo est chargé de la formation du ministère. Les curés de Savoie vont être bien contents. Mais je doute que leur joie soit de longue durée, car jamais Tirritation anti-cléricale n'a été poussée à un plus haut point. Je suis certain de la loyauté du Roi, L'astuce des prêtres et la faiblesse d'Azeglio l'ont induit en erreur ; il se méprend sur l'état du pays. Lorsque les faits l'auront désabusé, il enverra au diable le parti clérical. »
Le comte de Balbo, appelé à son tour par le souverain, avait un splendide passé ; promoteur du mouvement italien et de l'octroi du Statut, il avait été le Président du premier cabinet parlementaire en Piémont ; mais il s'était, a-t-on écrit joliment, « effrayé de ses œuvres^ », et il tenta d'endiguer le mouvement que lui-même avait suscité. Il ne déclina point l'oftre du roi, mais comprit qu'il ne pouvait rien à la Chambre contre l'opposition de Cavour : avec une honnête franchise, il lui demanda ses intentions. « Si, comme je n'en doute pas, répondit l'autre, vous respectez fidèlement la lettre et l'esprit du Statuto ; si vous ne revenez pas sur les faits accomplis ; si, enfin, vous limitant à faire une halte en politique, vous ne rétroagissezpas, vous trouverez en moi non un partisan, mais un appui contre qui voudrait vous empêcher de gouverner '\ » C'était bien : seulement Balbo estimait le succès impossible sans la collaboration du comte de Revel, fin financier, mais