De Crozals, L'unilé italienne, p
234 GAVOUR
ci ne suffisaient pas à établir un équilibre que faussait le poids d'un lourd passé ; il fallait, selon l'expression d'un des successeurs de Cavour, « prendre la loupe de l'avare » ; et encore, toutes économies opérées, il restait un déficit « inévitable » de 18 millions dans les dépenses ordinaires — sur 122 prévus, près d un septième du budget, qu'on devait combler par un emprunt à la maison Rothschild. Et, quant aux grandes mesures, nécessité était de les renvoyer à l'année prochaine.
Au Sénat, le débat sur le mariage civil s'annonçait vif : on connaissait dans le monde parlementaire la lettre du Pape par une indiscrétion de Sembuy qui la paya de sa légation à Rome ; et le roi intervenait à son tour, par un procédé qu'ont pratiqué certains monarques en Angleterre, en écrivant au comte Revel « que le projet ne vaut rien de plusieurs manières, et le point cardinal des difficultés subsiste toujours... je suis pour le non^ ». Les archevêques et évèques du royaume adressaient à la haute Assemblée une solennelle objurgation. Néanmoins la Commission ne proposait pas le simple rejet, le rapporteur, M. Demargherila % suggérait des amodiations au texte de la Chambre, tout en lui conservant ce principe essentiel : le mariage civil est distinct du mariage religieux qu'il précède nécessairement.
Le débat s'étendit sur plusieurs séances ; les chefs de la droite chargèrcinl cet infûmc mariage civil de toutes les défaillances du temps ; après le Garde des Sceaux, Boncompugui, le Président du Conseil défendit le projet et avec beaucoup d'esprit ; il fit son libéralisme bénin, bénin, déclarant « qu'aucun mouv(>ment n'a jamais été plus funeste, plus