Faisant fonctions par suite du départ de M. de Butenvai
demeurée étrangère, rautorité autrichienne réveille et excite des antipathies qu'il est de son intérêt de calmer. » Et, annonçant qu'il avait fait connaître à Vienne sa manière de voir, M, Drouyn de Lhuys ajoutait : « Je suis donc fondé à croire que le Pi-niont se trouve dans une position faMjrable pour réclamer à Vienne contre le séquestre qui vient d'être mis en Lom hardie sur les propriétés des anciens sujets lombards qui se trouvent aujourd'hui régulièrement et légalement naturalisés piémontais »'.
Ces déclarations étaient pour satisfaire MM. de Gavour et Dabormida. Ils les avaient prévues et méritées par leur sagesse. « Les puissances étrangères sont fort aimables à notre égard », écrivait le Président du Conseil le 27 février, et il ajoutait : « même l'Autriche » '. Il déchanta peu de jours après : car, coup sur coup, on apprit à Turin les aggravations prises par le gouvernement de Milan dans le régime des séquestres et la réponse de la Hofburg. M. de Buol reprochait au Piémont de n'avoir rien fait pour empêcher ou paralyser l'activité déployée par l'émigration au détriment de l'Autriche. « A-t-il, continuait le ministre autrichien, su mettre un frein à cette presse abominable dirigée par cette émigration?... nous a-t-il prêté son concours pour saisir les fils des trames sans cesse ourdies par les réfugiés? A-t-il jusqu'à la dernière échaufîourée de Milan, du moins, expulsé ceux d'entre eux que nous lui avions signalés comme les plus dangereux? Loin de là ^ ! » L'argumentation était grosse, prêtant à une sûre riposte, et, marquant les coups, M. Drouyn de Lhuys constatait qu'entre « les notes de M. de Buol et de