‹ Cavour et l'unité ItalienneChapitre 151 sur 247 · Ludovic Halévy, Notes et Souvenirs, p · texte numérisé non relu

Ludovic Halévy, Notes et Souvenirs, p

3. Duc de Guiche à M. Drouyn de Lhiiys, 24 janvier 1854. Néanmoins dans une lettre au marquis E. d'Azeglio, en^ate du ib janvier 1855. Villamarina raconte que Cavour se plaignait amèrement de ce que Guiche se fût refusé à ce que la question des séquestres fût posée comme une condition à l'accession du royaume sarde à l'alliance franco-anglaise contre la Russie, infra, p. 304 et suiv

son département pour que de nouvelles démarches fussent faites à Vienne ; des ordres conformes partaient du quai d'Orsay; l'ambassadeur de France auprès du gouvernement autrichien, M. de Bourqueney, reprenait ses instances, renouvelait son argumentation, M. de Buol s'excusait sur les iiutorités militaires, promettait, et ne tenait jamais.

Cependant, dès le mois d'avril 1853, constatant « que ses protestations étaient vaines bien qu'elles fussent appuyées par ses puissants alliés », le gouvernement sarde résolut de demander au Parlement un crédit « qui permît de secourir les séquestrés à l'aide de prêts réglés de manière à concilier les devoirs de l'iiumanité avec les intérêts du Trésor public ' ». Et il déposa un projet de loi ouvrant « un crédit de 400.000 francs à convertir en prêts partiels » . Déjà M. Drouyn de Lhuys redoutait que de ce débat ne sortissent de nouvelles complications ; Guiche le rassurait en faisant cette juste remarque : « Il ne faut pas perdre de vue que le Piémont ne s'occupe en aucune façon des Lombards restés Lombards, mais que sa protection s'étend exclusivement sur ceux qui sont devenus sujets sardes » . Cette protection était pour le gouvernement plus qu'un droit, un devoir, ainsi que Cavour l'exposa dans une discussion d'une dignité parfaite. « Je ne prends pas la parole, dit-il, pour défendre l'actuel projet de loi. Mais je crois de mon devoir de me réjouir avec la Chambre, avec tout le pays, de l'unanimité de l'opinion publique qui se manifeste avec une telle évidence, dans cette capitale et dans toutes les provinces, unanimité qui chaque jour se renouvelle en faveur de cette allocation ». Le crédit fut voté par les deux Chambres presque sans opposition.

La tension demeura vive entre les cours de Vienne et de

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