‹ Cavour et l'unité ItalienneChapitre 156 sur 247 · Et aussi l'aimablo Massimo d'Azeglio · texte numérisé non relu

Et aussi l'aimablo Massimo d'Azeglio

PRKMIÈRES ANNÉES DU GRAND MINISTÈRE i53

est une guerre politique », écrivait l'un de ses amis*; luimême prévoyait de nouveaux conflits entre les deux Chambres, sur de nombreuses questions, financières, économiques, religieuses; il avait par ailleurs d'autres difficultés; l'extrême gauche le harcelait de critiques à propos de l'agression de son domicile; les journaux réactionnaires renchérissaient; en Savoie, on l'accusait publiquement, « d'écraser l'ouvrier, le paysan, d'impôts pour ses utopies italiennes* », et des sacristies partait le signal de refuser l'impôt ; la Chambre, ancienne et fatiguée, « vecchia estanca », n'avait plus le prestige que donne la confiance populaire. Cavour résolut de sortir de cette situation, à la manière du parlementarisme anglais, par un appel au pays, « et de chercher un appui solide dans une Chambre jeune et vigoureuse^ ». Le 20 novembre 1853, le roi prononça la dissolution de l'Assemblée et convoqua les électeurs pour le 8 décembre.

La mesure surprit et indigna même plusieurs têtes sages : c'est un homme terrible, disait-on dans l'entourage de son prédécesseur ; « entreprenant comme il est, il nous compromettra fatalement, et quand il viendra à se trouver embarrassé, il est homme à nous tirer son chapeau et aller manger ses millions ailleurs \ « De ce qu'écrivaient ses amis, — on n'est méconnu que par les siens, — on devine ce que disaient ses ennemis. C^était^ ,^^pliquait-on, « un tohu-bohu ». Mais la période éljp^^ue était courte, chacun partit en campagne.

Page 1