Mazade, Le comte de Cavour, p
3. Cavour à P. Buisson, nov. 1853; Bolléa. Una « Sillage » di Lettere p. 47.
4. Marquise d'Azeglio à son fils, ministre de Sardaigne à Londres (et correspondant habituel de Cavour, ce qui est piquant en présence des termes de la lettre), 30 novembre 18^'3.
2o4 CAVOUR
La Chambre qui disparaissait avait été nommée au lendemain du décret de Moncalieri*, dans une époque difficile et décisive. Elle a joué un grand rôle dans l'histoire constitutionnelle du royaume, car, succédant à des Assemblées turbulentes et divisées, elle a, par sa tenue politique et son travail suivi, introduit, dans les mœurs italiennes, la meilleure tradition parlementaire. La Chambre qui lui succéda ne lui lut point inférieure.
Les élections furent favorables au gouvernement et lui donnèrent un regain de force. Les centres droit et gauche, — le parti du connubio, — gagnèrent quelques voix au détriment des ailes ; Broffcrio, le chef du parti radical, l'adversaire personnel de Cavour, mordait la poussière ; si Gônos nommait des « rouges », « pour faire une niche aux Piémontais », si en Savoie les réactionnaires gagnaient une ou deux voix, ces succès des partis extrêmes étaient plus que compensés par les « victoires » remportées en Piémont. « Le résultat est très satisfaisant" », ainsi écrivait Cavour, qui ajoutait après les premiers débats dans la nouvelle Chambre : « L'opposition est fort réduite en nombre, et singulièrement adoucie dans ses formes^ ». De sa « victoire » il était en droit de se réjouir, car il avait combattu loyalement, et fait un usage correct de l'institution créée pour résoudre les conflits entre les deux Chambres. Le discours royal du 19 décembre en manifesta une légitime fierté *.
Certes, tous problèmes n'étaient point résolus. « Notre position est bien diflicilc, confessait le Président du Conseil.