Supra, l. Il, p
2. Cavour au marquis E. d'AzcgIio à Londres, sans doute, mais cerUiinirment de ri^cembre 1853,
;t. Cavour à Auguste de La Rive, février 1854.
4 Mas.sari, Vita di Vittorio Emanuele 11, p. l.SO,
PREMIÈRES ANNÉES DU GRAND MINISTÈRE 2b5
Nous avons à lutter contre la disette, les nouveaux impôts, les prêtres et les rétrogrades. » Mais avec son vigoureux optimisme il ajoutait : « Le ministère peut compter sur le Roi et sur l'immense majorité des vieilles provinces piémontaises qui sont franchement constitutionnelles. Avec ces éléments de force, nous nous tirerons d'affaire ou nous succomberons sans honte'. »
Plus que jamais, chef incontesté du Parlement, — car le Sénat avait dû céder môme sur le projet relatif à la Banque nationale, — Gavour profita de son crédit pour activer les débats budgétaires. Ici encore, surgissaient de graves raisons d'anxiété. Depuis plus d'une année grand argentier de son pays, Gavour avait voulu dresser un budget de franchise et de clarté, introduire dans les bilans un ordre rigoureux en faisant rentrer dans les dépenses ordinaires celles que l'on avait qualifié à tort d'extraordinaires, ne point recourir au procédé trop facile de l'exagération dans les recettes et la diminution factice des dépenses. Sans doute, le relevé financier démontrait une amélioration notable, des progrès réels dans la production des impôts et l'application des réformes. Mais il restait un découvert considérable; car les dépenses ordinaires étaient de 13i millions, les extraordinaires de 58, au total 149 au passif; tandis que les recettes ordinaires n'étaient que de H7,9, les extraordinaires de 7,1, ensemble 125 à l'actif; ce qui révélait un déficit de 24 millions^.
A ce déficit, quel remède apporter? ici s'exerce l'ingéniosité du financier. Il traita différemment les excédents de dépenses dans les deux parties du budget : pour les dépenses ordinaires,