‹ Cavour et l'unité ItalienneChapitre 162 sur 247 · Cavour à E. de La Riie, 26 septembre et 1" octobre · texte numérisé non relu

Cavour à E. de La Riie, 26 septembre et 1" octobre

2C2 GAVOUR

tristèrent encore des deuils cruels : l'entrée de la Sardaigne dans la guerre de Piémont (on l'exposera plus loin ') , la lutte contre les congrégations.

Malgré les sincères efforts du gouvernement piémontais, malgré les interventions, habiles ou maladroites, des diplomates anglais et français ^ les relations des cours de Turin et de Rome avaient perdu toute cordialité ; sans doute, le roi et son cabinet proclamaient leur pieuse déférence envers le Saint-Père, le pape témoignait envers Victor-Emmanuel et son peuple de sa paternelle affection. Des mots. Dès son arrivée au pouvoir, Gavour avait compris qu'il y avait incompatibilité entre le régime de liberté, sur quoi il fondait tout son espoir de rénovation nationale, et le régime d'autorité, qui était alors le principe même de l'Église en Italie. « Malgré la meilleure volonté, écrivait-il en janvier 1853, il est impossible de s'entendre avec Rome... Rome en veut à nos libertés, à notre indépendance, bien plus qu'aux lois qui tendent à introduire chez nous, dans une mesure modérée, ce qui existe depuis un demi-siècle dans tous les autres Etats catholiques"'. » Lutte sans noblesse et sans résultats, lui disaient quelquesuns de ses amis ; à vouloir concilier les deux pouvoirs, on les heurte l'un contre l'autre ; mieux serait de les séparer ; et un de ses anciens collaborateurs du Risorgimento lui indiquait comme seul remède « la séparation absolue, c'est-à-dire l'indépendance pour l'État, la liberté pour l'Église, le droit commun pour tous deux^ ».

Ces idées étaient depuis trop longtemps les siennes, pour que le Président du Conseil ne cherchât point à les appliquer.

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