Carln noc:.!?io ft Cavotir, 28 août
et son alliance avec Ratlazzi, qui les partageait, devait en hâter la réalisation. Déjà, au début de la session parlementaire de 1853-54, le gouvernement avait proposé une addition au Code pénal pour frapper tout ecclésiastique coupable, dans Texercice de ses fonctions, d'attaques contre les institutions du pays ; cette disposition avait pour objet d'éviter le retour des regrettables exagérations du clergé lors des précédentes élections; la droite protesta avec violence \ mais le Parlement vota le projet : le perspicace baron Brenier avait remarqué que « le clergé luttait en vain contre la désaffection du peuple-». Dans le courant de l'été de 18o4, un conflit de l'administration avec les Pères Chartreux de Collegno, qui ne consentaient point à céder leur couvent pour le traitement des cholériques, excita quelque émotion et Rattazzi apporta les dernières précisions à un texte qu'il méditait, semble-t-il, depuis longtemps, sur la mise sous séquestre, Vincameramenio des biens du clergé.
Avec la loi Siccardi, le parti progressiste avait libéré le Pouvoir judiciaire de l'intervention ecclésiastique. Avec le projet sur le mariage civil, il avait tenté, en vain d'ailleurs, de rendre la famille indépendante de l'Eglise. Avec Vincamerajïiento, il voulait que l'Etat exerçât son contrôle sur les biens de main-morte, pour en mieux assurer la répartition entre le haut et le bas clergé, et l'emploi dans l'intérêt général. Rattazzi et ses amis remarquaient que le royaume, pour une population de 5 millions d'habitants, contenait 604 monastères et couvents renfermant plus de 8.500 personnes. On y comptait un ecclésiastique par 214 habitants, tandis que la Belgique en avait un pour 500 et l'Autriche un pour 610 ; il y avait, en moyenne, un diocèse par 146.000 habitants, en