‹ Cavour et l'unité ItalienneChapitre 164 sur 247 · Le baron Rrrnier à M. ■f)rouyn de Lhuys, 5 janvier · texte numérisé non relu

Le baron Rrrnier à M. ■f)rouyn de Lhuys, 5 janvier

France, un par 420. 000, el en Belgique par 600.000*. Lesévêques, les abbés avaient de riches prébendes, le petit clergé vivait dans la misère. De vastes bâtiments demeuraient sans emploi, alors que les hospices, les asiles étaient à l'étroit. De là le dessein de Rattazzi de demander la suppression de toutes les communautés qui ne rendent point à la société par l'enseignement, l'administration des sacrements ou le soin des malades, des services qui leur constituent une raison d'être au point de vue moral. De leurs biens, l'État ne ferait qu'un emploi en harmonie avec l'intention des donateurs ; remplacement des crédits du culte supprimés dans le nouveau budget, allocations supplémentaires au petit clergé, secours aux prêtres sans ressources '. Ce ne serait point une loi de spoliation, mais de libération.

Cavour était perplexe : il était, de longtemps, hostile atout projet tendant d'une façon quelconque à dépouiller le clergé, et, dix années auparavant, lors du conflit religieux en Suisse, il avait écrit : « En vérité, ce n'est pas la peine de se battre pour quelques moines' ». Il redoutait de diviser le pays, à un moment où l'unité du Piémont était indispensable pour réaliser l'unité de l'Italie. « La loi des couvents n'est pas tellement populaire... », soupirait-il quelques mois plus tard*. 11 savait les tendances cléricales du gouvernement français, et que son représentant, duc de Guiche, s'était remué en faveur des Chartreux de Collegno; or, il avait besoin de la France. Enfui, il craignait que l'expropriation conduisît au développement, à l'exaltation de l'esprit de caste, par l'isole-

1. Ces détails dans Bolton King, Histoire de l'Unité italienne, t. II, p. 2-3.

2. Duc de Giiirhe à M. Drouyn de Lhuys, 15 septembre 1854, après une conversation avec Rattazzi.

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