Cavour à E. de La Riie, 17 novembre, 1" décembre 18o
3. Sur ces morts, Massari, Vitlorio Enianuele II, p. 179 el suiv.
insinuaient que le Ciel avait ainsi tout ensemble châtié le roi qui persécutait l'Eglise et recueilli les nobles âmes torturées par cette indigne politique.
Pendant celte douloureuse trêve parlementaire, Pie IX avait prononcé dans le consistoire une allocution, qu'il avait ensuite adressée au gouvernement sarde sous forme de monitoire, et où il s'élevait avec indignation contre toutes les réformes introduites depuis 1847, dont le projet sur les couvents était la suite abominable. Le ministre de Sardaigne à Paris écrivait au ministre des Affaires étrangères de France, avec autant d'habileté que d'exactitude : « C'est un véritable réquisitoire contre les principes de 1789, que la France a conservés avec tant de soin et de rigueur, contre les maximes dont s'est inspiré le Gode civil de Napoléon, que les nations les plus éclairées ont tenu à imiter, contre la législation en un mot, de tous les pays les plus civilisés ^ . »
Sous ces impressions diverses, le débat sur les couvents reprit à la Chambre le 15 février : les discours furent nombreux ; « on dirait une suite de dissertations philosophiques dans une académie de province », remarquait narquoisement le duc de Guiche^, naturellement défavorable au projet de loi. Le Président du Conseil, ministre des Finances, ministre des Affaires étrangères, — ministre de tout, — intervint à plusieurs reprises, la parole calme et aisée, l'esprit prompt et alerte. Il ne manqua point de reconnaître les services qu'ont pu rendre les couvents. « Après les invasions des Barbares, dit-il, le pouvoir étant tombé aux mains d'hommes qui ne faisaient point cas des sciences, des arts, de l'industrie, de l'agriculture, il est hors de doute que les asiles sacrés où pouvaient se retirer les derniers dépositaires de la civihsation romaine
1. Marquis de Villamarina à M. Drouyn de Lhuys, 8 février 1855.