‹ Cavour et l'unité ItalienneChapitre 17 sur 247 · Cavour à Giovanetti. avril · texte numérisé non relu

Cavour à Giovanetti. avril

la Concordia, Y Opinion feront belle figure au Parlement, et le pauvre Risorgi?nento, triste et confus, demeurera renfermé dans son officine d'articles ». Baste ! il se consolait par ces vers, — si l'on peut dire :

« Puisque nous ne sommes pas députés Tâchons de ne pas nous montrer dépités'. »

Dans l'ensemble, la Chambre représentait une honnête moyenne, peu de noms connus, seuls les trois grands publicistes d'avant les réformes, Gioberti, Balbo, d'Azeglio ; beaucoup de notoriétés locales, avocats de petits barreaux, médecins de campagne, de fonctionnaires ou de propriétaires ruraux ; les Génois, très cohésifs ; deux ou trois rédacteurs des journaux avancés, chefs futurs de l'opposition, Brofferio, Yalerio.

L'Assemblée — elle porte dans l'histoire le nom de Parlement subalpin — fut ouverte le 8 mai par le prince de Carignan, représentant du roi, qui prononça une « pAle harangue...; dans rincertitude des événements il y avait peu d'enthousiasme ' ». Dès le lendemain, les partis de gauche prirent position, d'abord par un discours de Valerio qui, dans une improvisation vibrante, déclara que « le premier mot à prononcer ici était celui de reconnaissance, envers le roi, envers l'armée » ; — puis par l'élection de Gioberti, un de leurs chefs, à la Présidence de la Chambre. De la tribune de la presse, Cavour suivait ces débuts, sûr de descendre un jour dans l'arène et d'y prendre une maîtresse place. Et dans ses articles du Risorgimento, il rendait compte des discussions, excitait la Chambre à se mettre sur-le-champ au travail (c'est beaucoup demander à une assemblée qui compte 140 avocats,

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