Cavour au comte Louis Franchi. 28 avril 1S4S
2, Bixio à M. de Loinarliiie, 10 mai 1S18.
ripostait un député), préparait un règlement, traçait un programme qu'il tenterait de réaliser un jour*.
La situation des armées n'était point modifiée au début de mai. A son quartier général, Charles- Albert se plongeait dans des rêveries mystiques, priait l'Eternel, Dieu des armées, invoquait les saints, protecteurs de la maison de Savoie, recevait comme dans l'extase les communications d'une illuminée, sœur Marie-Thérèse deChambéry^, et ahurissait ses généraux par ses ordres et contre-ordres. Son plan, s'il en avait un, était de concentrer ses forces entre Mantoue et Peschiera, pour s'attaquer à Vérone au jour où Peschiera serait tombée. Mais cette immobilité décourageait des soldats brûlants d'enthousiasme, vifs de leur nature, impatients de se mesurer avec l'ennemi ^ ; elle permettait à celui-ci de se reposer, de se reconstituer, de recevoir d'incessants renforts ; elle laissait sans secours les insurgés de l'Italie orientale, et les Autrichiens en profitaient pour reprendre Udine, dépasser la Piave puis le Tagliamento * ; enfin elle donnait licence à toutes les intrigues dans les États de l'Italie centrale et méridionale.
La première défaillance se produisit à Rome. En apprenant que ses troupes avaient franchi le Pô, Pie IX s'aperçut soudain — il en était temps — que le Saint-Père allait à la guerre '\ et il eut un brusque recul. En vain le général Durando
i. Articles de Cavour dans le Risorgimento des 9, 10 et 12 mai 1848.