‹ Cavour et l'unité ItalienneChapitre 176 sur 247 · Massari, Vita di Vxttorio Emnnuele II, p · texte numérisé non relu

Massari, Vita di Vxttorio Emnnuele II, p

taisait allusion devant les députés à la possibilité « que le pays fût appelé à participer activement aux grands événements qui se préparent en Europe ». Mais il tenait à choisir son heure, envoyait à son correspondant financier en Angleterre des protestations pacifiques. « Si cependant, ajoutait-il, l'Autriche se déclare pour la Russie, si la guerre embrase tout le continent d'Europe, alors nous y prendrons forcément part^ » La discrétion lui était imposée, autant que par le mystère des chancelleries, par sa situation dans le cabinet où il était presque seul à partager l'opinion du roi : Rattazzi sous l'influence de la politique intérieure, Dabormida par prudence diplomatique, le général La Marmora pour ne point disloquer une armée dificilement réorganisée, ne voulaient point d'intervention en Orient.

A ce moment, les cabinets de Paris et de Londres espéraient mieux que l'envoi des maigres contingents du Piémont, et déjà les diplomates français croyaient qu' « une alliance intime existe aujourd'hui entre l'Autriche et le gouvernement de l'Empereur' ». En quoi le quai d'Orsay était bien mal renseigné, car la cour de Vienne faisait le jeu d'une vieille coquette qui, entre deux galants, sourit à l'un et jette œillade à l'autre. Pour se faire bien valoir, le galant de l'Ouest se livra à une manifestation brutale et déplacée. Le 22 février 1854, le Moniteur universel conienaii, dans sa partie officielle, une note faisant allusion aux négociations qui rapprochaient « chaque jour davantage » l'Autriche de la politique française ; on pourrait redouter des complications venant de l'esprit révolutionnaire, des troubles, soit en Grèce, soit en Italie, « qui se mettraient en opposition directe avec l'intérêt

1. Cavour à Hambro, 26 mars 1854; Mayor, Nuove Leltere di Cavour; Treitschke, Cavour (loc. cit.), p. 313.

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