Vimercati, Histoire de l'Italie, 1848-1849, p. 194 à
o. « En fait, le pape était en guerre avec l'Autriche, mais non en droit, remarque Masi, Risorgimento, II, 277. Il n'avait pas déclaré la guerre, le ministre d'Autriche était toujours à Rome et le nonce à Vienne. Quelle
demandait des instructions; en vain le Conseil des ministres pressait le pape de prendre une décision : « Une de ces trois solutions s'impose : ou Votre Sainteté acceptera que ses sujets fassent la guerre, — ou Elle déclarera absolument que la guerre ne se fera pas, — ou Elle déclarera qu'EUe veut la paix et ne peut empêcher la guerre » ; et le Conseil se prononçait nettement pour la première opinion, car « exigée par l'esprit public, elle augmentera l'autorité morale et matérielle du gouvernement, et, dominant fortement le présent, préparera l'avenir^ ». Percevant les hésitations du Pontife, l'ambassadeur d'Autriche, Lutzow, qui n'avait pas quitté Rome, faisait parvenir à Pie IX des lettres de Bohème, de Hongrie, de Dalmatie, où les évoques s'insurgeaient contre « le pasteur qui sacrifiait aux intérêts d'une politique humaine une partie du troupeau que le Christ lui avait confié ». Le cardinal Antonelli montrait le danger d'un nouveau schisme allemand, la contradiction entre le pouvoir théocratique et les idées de liberté sur lesquelles s'appuyait le mouvement italien. Troublé, retourné, Pie IX se décida soudain et sans retour ; le 29 avril, sans avoir au préalable communiqué sa résolution aux ministres^ il lut en consistoire une allocution où il proclamait que « toute idée de déclarer la guerre répugne à Notre caractère, étant, quoique indigne, le Vicaire de Celui qui est le Prince de la paix et de la charité. La mission de Notre apostolat est de vouer à tous les peuples et nations de la terre un amour paternel, égal pour tous. » C'était simple, net, « la fin d'une idylle entre Pie IX et le peuple italien '' » et le malen-
responsabilité remporterait? Celle catholique du Pontife ou celle constitutionnelle du ministère? u
1. Farini, Lo Stalo Romano, t. 11, p. 86 etsuiv. Kosi, Sloria conlemporanea d'Ilalia, p. 2U0 et suiv.