Cavour h M"* de Circourt, janvier 48r»S
LA GUERRE D'ORIExNT 313
Dès que le traité fui connu, son importance éclata. « C'est un coup de pistolet contre Toreille de l'Autriche », s'exclama le diplomate prussien Usedom. A Vienne, le mécontentement était vit, et c'était là maintenant que l'on se demandait avec inquiétude ce que contenait et signifiait le traité conclu par le mauvais voisin; la presse autrichienne de Lombardie fulminait. En Russie, l'étonnement égalait la colère, et, avant même que le traité fût ratifié, le tzar déclarait la guerre au royaume sarde. « La Russie nous a prévenus. Patience », écrivait Gavour^ D'Angleterre arrivaient de vives félicitations pour la « sagesse et le courage » manifestés parle Piémont, pour « ses heureux efïorts afin d'établir une liberté rationnelle^ »; l'opinion publique était très chaleureuse à Londres. En France, le gouvernement étant satisfait, les journaux étaient louangeurs. En Italie, la cour de Rome demeurait froide et hostile, entendant conserver dans cette guerre une stricte neutralité ; les principautés vassales de l'Autriche étaient, par nature, amères et vexées; la cour de Naples exhalait « un sentiment de mécontentement et d'envie^ »; les nationalistes d'Italie étaient partagés, ceux de courte vue regrettaient que le Piémont dépensât hommes et argent ailleurs qu'en Lombardie, les prévoyants avaient compris. En Piémont même, l'opinion moyenne se ralliait à un acte qui mettait le royaume en si brillante situation, mais « le parti démagogique et le parti clérical avaient fait une ligue étroite et uni leurs efïorts pour accumuler toutes les accusations possibles contre le ministère^ » ; leurs journaux reprochaient au cabinet de mener le