Duc de Guiche à M. Drouyn de Lhuys, l" février
pays à la ruine, de sacrifier le sang de la patrie pour une cause étrangère^; ces exagérations avaient leur habituelle suite. « Le traité d'alliance, écrivait M™" d'Azeglio, bien reçu par toutes les personnes sensées, gagne tous les jours en popularité »; et elle ajoutait avec une légère pointe d'envie, n'aimant point Cavour : « le ministère est bien chanceux^ ».
Pour couper court à toutes discussions, Cavour avait grande hâte que le traité fût ratifié et soumis au Parlement ; dès le 12 janvier, il demandait au duc de Guiche d'écrire à Paris pour qu'on abrégeât les délais de la réponse : car « il avait peine îi <ontenir l'impatience de la Chambre, ot le général La Marmora aurait voulu commencer le plus tôt possible les préparatifs du corps d'armée qu'il était probablement appelé à commander^ ». Le 25, le Président du Conseil écrivait à Villamarina que le retard de la signature « produit un elTet très fâcheux. Les ennemis du traité, et ils sont nombreux dans les salons, s'en servent comme d'un argument pour prouver le peu d'empressement des Puissances occidentales à conclure une alliance avec nous*. » Le lendemain, 26, enfin, arrivent le traité d'accession et la convention militaire : immédiatement le Président du Conseil et le ministre de la guerre se réunissent aux ministres de France et d'Angleterre ; à 2 h. 30, tout est signé, scellé, définitif.
A peine les signatures échangées, Cavour se rendit à la Chambre des Députés, et, au milieu d'un profond silence, déposa un bref rapport * et les deux actes. La discussion s'engagea aussitôt dans les bureaux. 11 apparut rapidement
i. Masi. NeW OUocenlo, p. 259.
i. Marquise d'Azeglio ft son fils, 20 janvier 185b.