‹ Cavour et l'unité ItalienneChapitre 187 sur 247 · Cavour ii Villamarina, 25 janvier · texte numérisé non relu

Cavour ii Villamarina, 25 janvier

;». Arlom et |{|«nr, f)Eiivre pnrlemrntaire de Cavour. p. 231-234.

que le traité serait vivement discuté, mais ratifié ^ L'opposition se divisait en trois groupes : la droite faisait valoir l'état des finances très obérées et que chargerait jusqu'à la ruine une expédition coûteuse, l'inutilité de sacrifices sanglants et pour une cause étrangère, la médiocrité du concours donné aux grandes puissances ; l'extrême gauche déclarait, avec Tecchio, que « le traité nous rend complices de l'oppression des peuples, et nous jette impuissants, désarmés, ruinés à la merci de l'étranger », et quel étranger! d'une part l'empereur des Français, l'ennemi de toute liberté, d'autre part, l'empereur d'Autriche, « le principal exécutant du concert européen ^ » ; enfin le parti génois redoutait les conséquences économiques, et vingt députés présentaient une pétition contre le traité qui anéantirait, disaient-ils, le commerce florissant de Gênes avec Odessa ^ Mais, par contre, les gros partis de TAssemblée, droite et gauche modérées, semblaient décidées à approuver le traité. « Je compte sur une majorité de trente voix », écrivait Cavour le 29 janvier*.

La nomination de la commission spéciale ne fut point pour déplaire au cabinet, tous ses membres étaient favorables au traité, sauf un, le bouillant BrofFerio". Lanza fut chargé du rapport, qu'il rédigea en fort bons termes, modérés etsensés, et déposa à la Chambre le 2 février. La discussion s'engagea trois jours

1. Sur ces débats, Orsi, La f/uerra di Crimea e il Parlamento subalpino dans la Rivista d'Italia, oct. 1918, p. 151 et suiv.

2. En février 1855, Mazzini publiait une adresse à l'armée sarde, représentant son départ pour la Crimée comme imposée par l'Autriche et favorable « aux intérêts mercantiles de l'Angleterre comme aux intérêts politiques de l'Empereur des Français ». Mazzini, Scrilti, IX, p. 79 et suiv.

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