‹ Cavour et l'unité ItalienneChapitre 191 sur 247 · M. Drouyn de Lhuys au duc de Guiche, 26 février · texte numérisé non relu

M. Drouyn de Lhuys au duc de Guiche, 26 février

CWOUR. — II. 21

dait habilement les négociations du diplomate sarde, remarquait « une répugnance de François-Joseph à se rapprocher Je la Cour de Sardaigne, au moment même où ses rapports avec le Saint-Siège viennent de recevoir une nouvelle et si fâcheuse atteinte ' ».

Néanmoins, on cherchait quelque combinazione qui permît le rapprochement désiré, et en tout cas il importait à Gavour de démontrer au gouvernement français sa bonne volonté, que seule arrêtait l'âpreté autrichienne ; il adressa, donc, au marquis Cantono une nouvelle lettre très conciliante, d'une subtilité raffinée, un peu à la manière de Talleyrand : « Une fois l'obstacle des séquestres levé, écrivait-il, nos rapports avec la Cour de Vienne doivent nécessairement se modifier et devenir plus réguliers et plus intimes... Le ministère actuel ne renie pas son passé ; il est loin de proclamer qu'il est devenu indifférent au sort de l'Italie... Mars ces sentiments ne nous empêchent pas de comprendre dans toute leur étendue les nécessités que les conditions actuelles de l'Europe nous imposent, ni de méconnaître les devoirs qui sont la conséquence de traités contractés avec franchise et loyauté... Il est évident que le sort des autres provinces italiennes ne peut s'améliorer que par l'action libre et spontanée des souverains qui les gouvernent... La cruelle expérience de ces dernières années, et plus encore les coupables folies du parti mazzinien, ont ouvert les yeux à bien des gens et dissipé bien des illusions. Les esprits, dans bien des endroits, et dans les provinces lombardovénilienncs surtout, revenus à des idées positives, sont disposés à accueillir avec sincérité et avec reconnaissance une politique de conciliation. Que l'Autriche l'essaie, et certes elle n\'iiir;i pas l'uni de s'tMi ropcMitir". »

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