‹ Cavour et l'unité ItalienneChapitre 195 sur 247 · Le duc de Gramont à M. Walewski, H et 18 juillet · texte numérisé non relu

Le duc de Gramont à M. Walewski, H et 18 juillet

3. Sur l'action du corps d'armée sarde, Manfredi, La Spedizione sarda

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lieureux : les soldats avaient débarqué en pleine épidémie de choléra ; avant même que de se mettre en ligne, ils avaient été frappés et des centaines d'Italiens mouraient du mal impitoyable — « plus de 100 caset jusqu'à 65 morts par jour, c'était déchirant^ ». Turin en était d'autant plus ému, que plusieurs officiers appartenant à la meilleure société piémontaise étaient enlevés, le général Alexandre La Marmora, frère du général en chef, un Saint-Marsan, un Casati. Les moins atteints écrivaient des lettres décourageantes, et, à la demande des gouvernements alliés, Gibrario était obligé de les rappeler à la discrétion. Le général sarde, Alphonse La Marmora, avait des démêlés avec les généraux alliés ; Cavour en recevaitrécho par son représentant à Londres, E.d'Azeglio, et il était encore contraint d'intervenir : « Persuadé que ces plaintes sont injustes, écrivait-il dans une lettre intime au général, cependant je crois devoir te conjurer d'éviter toute cause ou prétexte de mésintelligence". »

Lui-même rencontrait partout des difficultés. Tension nouvelle avec l'Autriche, et celle-là n'était point pour lui déplaire. Rupture diplomatique avec le gouvernement de Florence; la nomination d'un secrétaire à la légation sarde, le comte Antoine Casati, avait offusqué Baldasscroni, Président du Conseil des ministres toscan, parce que le père du jeune diplomate était un émigré lombard, récemment naturalisé sarde;

in Crimea nel 1S55-56, d'après les Archives de l'Etat-major, et un intéressant volume Ricordo pitlorico-militare délia spedizione sarda in Oriente, publié par 1 ttat-major.

1. La Marmora à Cavour, 10 juin 1855 ; Bolléa, Una « Silloge » di Lettere, p. 76.

2. Cavour au général Alphonse La Marmora, 30 juillet 1855. Et celui-ci de répliquer, au lendcmaiti de la Tchernaïa, par des |)rolestations contr- • les préti-nlicux griefs des généraux on chef » et par des plaintes contre « ces brouillons de diplomates de Paris et de Londres ». La Marmora à Cavour, 17 août 185a ; Bolléa, Una « Silloge » di Let/ere, p. 77.

LA GUERRE DORIENT 329

Baldasseroni s'en expliqua avec une vivacité telle, que le Piémont rappela sa légation ; et ce minuscule incident, évidemment exploité par le cabinet de Vienne, s'enfla, grossit, énorme, avec intervention des Cours de France et d'Angleterre, dépêches, propositions, contre-propositions et vétilles de protocole; « une tempête dans un verre d'eau », écrivait sir James Hudson* ; Cavour prenait tout ce tapage assez gaillardement. « Ce qu'il y a de mieux à faire pour la question de Toscane, c'est de n'en plus parler », écrivait-il en novembre^. Et il fallut six mois de correspondance pour rétablir un statu qiio sans aménité.

Virulente attaque du pape, enfin; alors que le marquis Migliorati, chargé d'affaires sarde à Rome, annonçait que l'Eglise reconnaissait « les faits accomplis », Pie IX convoquait brusquement le Consistoire pour lancer l'excommunication majeure « contre tous ceux qui, dans le royaume subalpin, n'ont pas craint de proposer, approuver et sanctionner les lois et décrets contraires aux droits de l'Eglise, ainsi que leurs mandants, fauteurs, conseillers, adhérents et exécuteurs »^ Le roi était personnellement visé, comme ayant donné la ^anc^ion. Mais l'effet du bref pontifical fut contraire à celui voulu par le Vatican, car, en Piémont, même les catholiques déclaraient qu' « il ne faut pas confondre la religion de leur conscience avec la politique des hommes violents », une partie du clergé contestait le bref papal par des arguments théologiques tirés de la mission de l'Eglise*; la France, fille aînée de la catholicité, « faisait entendre quelques représentations à Rome ^ ».

4. Sir James Hudson à La Marmora, 22 octobre 1855. Degli Alberti, p. 210.

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