Baron d'Andrù ti M. de Lamartine, 6 et 10 mars
autrichiens, des lettres du marécliai Radetzki, des notes d'affîliés à la solde de Metternich \ et le bruit en vint h Turin où, dans la soirée du 3 mars, les attroupements se firent nombreux devant le couvent de Saint- Ignace, avec cris, menaces, huées ; le gouvernement engagea les Révérends à se retirer, ce qu'ils firent immédiatement ; alors le peuple se dirigea vers le couvent des dames du Sacré-Cœur, maison d'éducation pour les jeunes filles de la noblesse, recommença ses cris jusqu'à ce que les bonnes sœurs eussent renvoyé les enfants à leurs familles et se fussent elles-mêmes retirées dans un couvent voisin. Et la foule annonçait l'intention de se porter sur l'archevêché. De police, point. Le Conseil municipal fit appel à cinq cents hommes de bonne volonté, les proclama gardes civiques, leur remit des fusils sans cartouches, nomma des officiers, Cavour promu capitaine de la l""® compagnie ; ainsi fut constituée sous la pression des événements la Civica que le parti libéral réclamait en vain depuis deux ans. « J'espère beaucoup en elle », écrivait Cavour ^ Elle rétablit, en etîet. Tordre sans difficulté.
La carence du gouvernement causait une inquiétude générale; « ces gens sont des incapables », écrivait Cavour des ministres en charge. Les partis avancés avec BrofTerio, Valerio, se disaient déjà mécontents de la constitution publiée le 4 mars, protestaient contre la dualité des Chambres, la gratuité du mandat parlementaire, la prérogative royale, l'absence de dispositions précises sur la responsabilité des ministres, le maintien des monastères et ordres de chevalerie, ainsi que de la cocarde bleue au lieu de l'emblème tricolore de l'Italie future ^ Et de-ci, de-là, éclataient quelques
i. Angelo Brofferio, Sloria del Piemonte dal 1814. t. IV, p. 42.