‹ Cavour et l'unité ItalienneChapitre 205 sur 247 · Le doc de Gramonl à M. Walcwski, 15 janvier · texte numérisé non relu

Le doc de Gramonl à M. Walcwski, 15 janvier

espèces de préfets autrichiens ; on doit la contraindre à retirer ses troupes de la Romagne et des Légations, où elle a établi depuis huit ans une domination permanente. » Faute de ce faire, « l'Angleterre et la France accorderaient une énorme récompense à la grande Puissance qui a refusé de les aider, de s'unir à elles à l'heure du danger; et elles ne feraient moins que rien pour l'allié qui n'a pas hésité de tirer l'épée en leur faveur, lorsque la fortune paraissait vouloir s'éloigner un moment de leurs drapeaux ; elles le laisseraient affaibli, déchu de sa force morale en présence d'un voisin devenu plus puissant et plus exigeant * » .

Fortes pensées, fortes paroles, d'une logique incontestable, de nature à frapper tout souverain conscient de ses devoirs envers un allié loyal, de ses intérêts en Europe, des périls du lendemain. Cavour et Cibrario vont les renouveler devant les représentants anglais et français^, charger leurs ministres à Paris et Londres de les reprendre devant Walewski et Glarendon% comme le Président sarde en fera l'idée maîtresse de ses entretiens confidentiels au Congrès de Paris.

En réponse à cette dépèche du 29 décembre, le département du quai d'Orsay prépara une lettre exposant, de manière un peu pâle mais logique, qu'au moment où l'Autriche était intervenue pour aboutir à un traité de paix favorable à la France « le moment semblerait inopportun pour suivre (le cabinet de Turin) sur le terrain où il s'est placé », et réfutant l'argument, si vigoureusement développé par les Sardes, que l'Autriche exercerait désormais en Orient l'influence qu'avait jusqu'alors la Russie. Avant d'envoyer

1. Cibrario à Villamarina et E. d'Azeglio, 29 décembre 1855. On voudrait tout citer : c'est un modèle.

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