‹ Cavour et l'unité ItalienneChapitre 210 sur 247 · De La Rive, Le comte de Cavour, p · texte numérisé non relu

De La Rive, Le comte de Cavour, p

2. « Le ministère s'festdécidé à rappeler Tecco »: Cavour à La Mat-mora, 16 janvier 1856. M. Tecco fut ensuite envoyé en Portugal; Cavour à Olo. zaga, 9 mai 18.i6.

^^'alewski que le baron Tecco avait « dépassé les limites assignées d'un commun accord à la participation de la Sardaigne dans les négociations de la paix future » ; le représentant de la Sardaigne ne pouvait donc, d'après le ministre français, prendre part directe et personnelle qu'aux discussions touchant aux intérêts particuliers de son pays, et sur l'avis des ministres de France et d'Angleterre. « Quant aux questions d'un intérêt général qui seraient discutées dans les séances auxquelles l'agent de la Sardaigne ne serait point appelé, ajoutait M. Walewski, il fut entendu que les représentants de la France et de l'Angleterre auraient soin de l'en informer' . » Ce qui était dit des conférences préliminaires serait identique au Congrès ; les représentants de la Sardaigne y auraient une situation modeste, secondaire, humiliée.

C'était là un grave coup porté à la politique de Cavour-, — un démenti opposé aux déclarations du ministère devant le Parlement, que le Piémont participerait en égal aux négociations de la paix, — un puissant appoint aux adversaires de ralliancc et de l'expédition, extrémistes de droite et de gauche, qui auraient beau jeu à crier que pertes d'hommes et d'argent avaient été vaines, n'aboutissant qu'fi un nouvel abaissement du royaume sarde devant son éternel ennemi, l'Autriche, laquelle triomphait sans avoir tiré l'épée. L'homni<' d'Etat qui eût accepté un tel affront, fût mort politiquement. Cavour le sentit, et d'autant plus vivement que les conférences de Gonstantinople avaient leur conclusion à Vienne, — toujours à Vienne, — dans un protocole constatant l'accord d^' la Russie oi de ses adversaires, para[)li<'' par les représentants des quatre grandes puissances et auquel la Sardaigne était demeurée étrangère,

1. Walewhki au duc- de (jramoni, 26 janvier 18:')6. ■2. Zanictu'lli. Cavour. p. iTU.

AU COiNGRES DE l'ARlS 357

Il était temps de réagir. Camille avaitdéjà fait pressentir le cabinet anglais par E. d'Azeglio, peut-ôtre l'empereur Napoléon III par La Marmora, en leur exposant que la prétention des deux cours, si elle était maintenue, briserait net leur alliance avec le i-*iémont et jetterait celui-ci dans les bras des réactionnaires ou des révolutionnaires. Et lorsque le duc de Gramonl vint exposer au chevalier Cibrario les données de la dépêche du 26 janvier, le ministre déclara tranquillement : « J'ai fait au sujet des négociations préliminaires interpeller il y a quelques jours votre gouvernement et celui de la Reine, et il a été répondu, tant à Londres qu'à Paris, que nos plénipotentiaires seraient admis sans restrictions^ ». Le duc ne broncha pas, mais il était surpris, inquiet, ignorant toute modification dans les projet s des deux cours, et sollicita des explications de son ministre.

Le comte Walewski n'était pour rien dans ce changement ; son maître et cousin ne lui contait point tous ses secrets. Au même moment, le marquis E. d'Azeglio annonçait à son gouvernement que « lord Palmerston lui avait exprimé son regret et son étonnement de rencontrer dans le ministre des Afîaires étrangères de France des dispositions très peu favorables à la Sardaigne ». Et pourtant, ajoutait le noble lord, il serait très important que l'Autriche vît par la manière dont on traitera les plénipotentiaires sardes, « la nature des liens d'amitié qui unissent la Sardaigne aux puissances occidentales ». Nouvel étonnement de Gramont à qui cette dépêche était communiquée, et nouvelle demande de renseignements à Paris * ; protestation indignée de Walewski « qu'il avait toujours reconnu l'utilité des services que la Sardaigne a spontanément rendus à l'alliance ^ », et demande amicale d'explica-

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