‹ Cavour et l'unité ItalienneChapitre 212 sur 247 · Gavour à K. d'Azeglio, 9 février · texte numérisé non relu

Gavour à K. d'Azeglio, 9 février

3. Caslelli, // con/e di Cavour, p. 61). La date, d'après un ték'fçrammc de Gramont ft Wolew.ski, de co jour.

la dure et cruelle nécessité de se charger du rôle ingrat et pénible de négociateur dans un Congrès où dominera l'influence autrichienne* ».

Peu après, il se rendit chez le ministre de France pour lui exposer dans quel esprit il allait à Paris. Il désirait régler sa conduite d'après les volontés de la France et de l'Angleterre, déclarant « qu'à ses yeux, la bienveillance des deux gouvernements était sa seule raison d'être comme membre du Congrès » ; il n'avait pas la pensée de rechercher dans les Conseils une position disproportionnée à l'importance de son pays, et « si dans quelques cas particuliers, les représentants de la France et de l'Angleterre pensaient que son absence pût faciliter la discussion », il s'excuserait, sous un prétexte quelconque, et ne paraîtrait pas ce jour au Congrès. Ceci dit, il déclara avec netteté que « le gouvernement du Roi, que la nation entière considéreront leur dignité et leur honneur comme blessés par toute déclaration de principes qui, au début des conférences, viendrait établir une classification des puissances qui y sont appelées et poser officiellement les limites de leur participation. Devant un tel acte, les représentants de la Sardaigne se retireront ». Déjà, d'ailleurs, il avait reçu l'avis du consentement de l'Angleterre, il attendait celui de la France, ne pensant pas, ajouta-t-il en trait du Parthe, « que l'Autriche ait acquis par son intervention, facile et intéressée, quoique peut-être décisive, le droit de discuter le prix du sang versé par la Sardaigne' ».

Le quai d'Orsay était prévenu ; s'il ne voulait risquer un gros incident à l'ouverture du Congrès, il fallait traiter Cavour en égal du premier plénipotentiaire autrichien.

i. Cavour à E. d'Azeglio, 9 février 1856.

i. Duc de Gramont à Walewski, 10 février 1856. Cpr. Cibrario à Villamarina, 9 février 18.58.

Ces graves péripéties rendaient mesquins les incidents de la vie courante : « A tout prendre, nous marchons passablement », écrivait C a vour. Il y avait bien parfois quelque orage, où Brofferio « beuglait quelques mauvais lieux communs », où le vieux délia Margherita, « champion obstiné de l'absolutisme et du jésuitisme »\ reprochait amèrement au cabinet ses idées nationalistes. Tempêtes tôt calmées. Beaucoup plus grave était une décision prise à ce moment par le gouvernement autrichien.

Au milieu de février, on apprit à Turin que l'empereur François-Joseph allait rendre un décret levant les séquestres, mais non sans conditions ; les émigrés lombards qui demanderaient à rentrer sur le sol autrichien récupéreraient de suite leurs biens; ceux qui solliciteraient l'autorisation de s'expatrier seraient délivrés de toute sujétion et leurs biens leur seraient aussi rendus ; mais le gouvernement se réservait d'obliger certains à vendre leurs propriétés ^ La mesure était habile, prise à la veille du Congrès de la Paix, avec une forme de libéralisme, dissimulant le fond, qui était tout d'arbitraire. Le cabinet sarde ne pouvait que tout ensemble « exprimer sa sincère satisfaction de la tendance que cet acte attestait de la part de l'Autriche », et faire ses réserves sur les violations des traités et du droit des gens qu'il contenait^.

Au jour de cette communication, Cavoui' était déjà parti pour Paris.

\. Bersezio, Jl regno di Viltorio Emanuele 11. l. VI. p. Mi. La Margherila tliiit liomme dailirurs « d'un esprit robuste, d'un caractère de fer, d'une intégrité incontestable »■ A. Luzio, Hivisla sturica italiana, l-'> juillet 1923, p. 3i7.

2. Télégramme de Walewski au duc de Gramonl, 13 février 18o6. — Cpr. journal VOpinione du 14.

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